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 Mission de sauvetage - ft.Madaline

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Ligeia
– clan : orketa –
clan : orketa
(#) Mission de sauvetage - ft.Madaline  Sam 19 Mai - 4:46

MISSION DE SAUVETAGE
MADALINE & LIGEIA
Dès qu’elle avait eu vent de ce qui s’était passé, Ligeia avait talonné sa monture au galop pour se précipiter sur les lieux du drame. C’était toujours une chance quand elle trainait dans les parages et qu’elle pouvait aller aider de pauvre gens dans le besoin, surtout après l’horreur d’un raid de Kelowna. Avec le temps et les années, la brune avait bien compris que ce peuple ne vivait que de violences et de bassesses pires que les précédentes. Ils lui rappelaient ses propres origines, ce peuple terrible du quel on l’avait forcé à fuir. Un monde si violent que ses propres parents furent obligés de l’abandonné… Enfin ça elle ne le savait pas, elle pensait juste qu’ils avaient cessé de l’aimer et que se débarrasser d’elle était la chose la plus simple. Alors chaque fois qu’une attaque arrivait à proximité d’où elle était, rester sans rien faire lui était tout simplement impossible. Cela ne lui prit que quelques heures avant de voir des regroupements de blessés, des amassements de morts et autre horreurs qui lui serrèrent le cœur. Tant de misères… tant de souffrances… et ces prétendus chefs qui ne faisaient rien pour régler ce problème qui duraient depuis des décennies. Qu’ils viennent eux tenir la main d’une pauvre femme qui venait de tout perdre, ou soutenir un guerrier que devait se faire amputer un membre… À ses yeux, l’Ipa ne valait rien. Elle ne disait pas qu’il fallait partir en guerre, mais tenter la diplomatie et dans le pire des cas user de moyens radicaux pour protéger ces pauvres innocents qui vivaient simplement. Ces dirigeants, tous les mêmes. Dis idiots paresseux et incapables. Penser que sa propre meilleure amie était devenue l’un d’eux… cette simple pensée lui creva à nouveau le cœur.

Chassant toutes ces mauvaises pensées de sa tête, Ligeia descendit du dos de Dagda dont elle flata gentiment l’encolure. Elle serra la bride entre ses doigts et guida l’animal parmi la foule pour tenter de lui trouver un petit endroit tranquille. Un jeune adolescent réussit à lui proposer de le placer en étable – enfin, ce qu’il en restait – et l’asiatique admira la force et le courage du petit dont elle ébouriffa la tignasse, lui glissant quelques viandes séchées avec un clin d’œil. Puis elle chercha quelqu’un qui ressemblait à un responsable. Heureusement ce ne fut pas trop long de le trouver et elle put offrir ses services, chose qui fut rapidement accepté au vu de la lourde charge de travail. Sans attendre, elle fit un chignon avec sa tignasse et retroussa ses manches pour commencer à trié les blessés pour faciliter aux soigneurs à savoir les états prioritaires et les simples coupures. Pendant ce temps, elle en profitait pour rassurer les gens, les écouter et les réconforter, s’assurant qu’ils avaient tous de l’eau et de la nourriture. Aussi elle tentait de les aider à retrouver leurs êtres chers perdus, mais tristement pour la plupart ils ne les reverraient pas.

Alors qu’elle faisait un simple bandage à une jolie fillette qu’elle s’amusait à chatouiller pour la détendre, son oreille fut attirée par les cris désespérés d’une femme affolée. Finissant son ouvrage, elle se redressa pour chercher la dame du regard et elle la repéra au milieu de la foule. La pauvre semblait à bout et en moins de deux, la guerrière la rejoint pour tenter de la calmer un peu. « Doucement. Ça va, calmez-vous. Dites-moi ce qui vous arrive, je ferais au mieux pour vous aider. » Ligeia lui frottait gentiment les épaules et cela sembla apaiser la pauvre femme qui lui expliqua que la dernière fois qu’elle avait vu sa fille, elle fuyait en forêt. Elle était persuadée qu’elle avait réussi à se cacher, mais qu’elle était maintenant trop terrifiée pour revenir. La mère était sévèrement blessée à la cheville et ne pouvait entreprendre telle quête, alors l’hésitation ne se fit même pas pour la nomade qui lui promettait déjà le retour de son enfant. Aussitôt, elle fonça voir le responsable pour lui exposer le problème et aussi demander quelques personne de plus pour l’accompagner. Sa réponse la laissa interdite ; « C’est vraiment triste, mais cette filette doit être loin maintenant, on ne peut pas perdre de temps pour une seule personne. Désolé. » Comme choquée, la brune le fixa, la colère qui montait en elle. « Vous vous fichez de moi !? » Le regard dépité qu’il lui lance lui arracha un hoquet insulté et elle tourna les talons dans l’idée d’aller chercher son arme et quelques vivres pour s’aventurer en forêt. Dans son dos elle lança ; « Bien j’irais seule, à moins que quelqu’un ne veuille m’accompagner ! »

Elle lança un regard à la ronde, cherchant des volontaires, mais elle ne reçut que des moues désolées et des yeux au ciel. Apparemment ils étaient tous du même avis. Leurs réactions fit soupirer la jeune demoiselle qui secoua la tête, déçue.
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Madaline
– à la Citadelle –
à la Citadelle
(#) Re: Mission de sauvetage - ft.Madaline  Sam 19 Mai - 16:05

mission de sauvetage
ligeia & madaline.

Quelques semaines s’étaient écoulées désormais, depuis que tu avais quitté la sécurité de Galene, t’arrachant à l’hospitalité chaleureuse de Priam pour t’enfoncer dans les forêts et plaines des terres Pankara. Remise sur pieds et ragaillardie par les bons soins et les vivres offerts par le second du chef de clan, tu l’avais mille fois remercié, lui promettant dans un souffle que vos routes se recroiseraient très vite. « Que l’âme du désert veille sur toi, Priam du clan Pankara » que tu lui avais lancé en quittant les abords de la petite ville, jetant un dernier coup d’œil dans sa direction avant de ne plus te retourner. Les jours avaient passé, tandis que tu longeais d’abord la côte, profitant des embruns d’un océan que tu n’avais jamais aperçu avant. Passant de village en village, t’arrêtant quelques jours sans vraiment t’y attacher, ruminant sur les routes quant à ta prochaine aventure – devais-tu poursuivre toujours plus au nord, et te risquer dans les landes de glace et de neige, ou devais-tu plutôt bifurquer vers l’est et alors fouler les plaines d’Ashkadi ? Tu savais seulement que tu ne rebrousserais guère chemin, que les dunes du désert du sud étaient désormais loin dans ton dos, et que sans nul doute ne manquerais-tu à personne pour que cela vaille le coup d’y retourner un jour. Parfois le sable de Shisayo te manquait – la caresse ardente de l’astre solaire, l’horizon se perdant à l’infini sur cette étendue sablonneuse, la cadence endormie des caravanes cabanant doucement… Et alors tu te rappelais ô combien tu t’étais sentie trahie, jugée, seule devant le regard de tes pairs, ces nomades qui n’avaient plus été ta famille depuis la mort atroce de tes propres parents. T’enfuir de cette vie trop rude avait été la meilleure décision, quand bien même n’étais-tu qu’une gamine à peine faite. Désormais l’inconnu te tendait les bras, t’offrant à la beauté d’un monde dont tu savais si peu de choses.

Arrivée au nord des terres du clan, tu t’étais finalement décidée à prendre à l’est – les échos de l’horreur des landes nordiques t’y aidant. Guère désireuse de venir te frotter aux sanguinaires Kelowniens, tu préférais alors venir tâter l’amabilité d’Askhadi. À mesure que tu t’éloignais des rivages, la nature devenait plus dense et les villages plus rares – tu avais entendu que rejoindre les frontières ne te prendrait que quelques jours, mais l’idée même de ne pas pouvoir te ravitailler en eau et nourriture sur la route t’emplissait d’angoisse. Nulle âme ne semblait vivre au cœur des forêts et bientôt seul l’écho de ton souffle contre les cimes venait troubler le silence oppressant des bois. Tu marchais à vive allure, avalant les milles à grandes enjambées – nerveuse, tes doigts cherchaient sans cesse la présence rassurante du petit couteau de ton père, accroché rapidement à ta ceinture. Une lame si courte ne te serait d’aucune utilité si tu venais à être attaquée, d’autant qu’elle avait fini par s’émousser avec le temps – mais le simple contact de l’acier sous ta paume, la fraîcheur du métal contre ta peau, suffisait à te faire avancer plus vite. La nuit tombant, tu t’arrêtais prendre quelques heures de repos à l’écart de la piste, abritée par les fourrées. Tu ne pris pas la peine d’allumer un feu, de peur d’ameuter les bêtes sauvages – ou pire, des humains aux intentions douteuses ; tu mangeais alors tes maigres provisions froides, et ton cœur se serra lorsque tu te rendis compte qu’il te restait à peine de quoi survivre pour la prochaine journée. C’est l’esprit lourd que tu t’endormis, les sens en alerte et les muscles endoloris.

(…)

Ce sont les premières lueurs de l’aube et les bruits d’une forêt pleine de vie qui te réveillent, t’arrachant violemment au sommeil. Aussitôt debout, tu rassembles rapidement tes affaires, effaces les quelques traces de ton passage et te remets en route – si ton estimation était exacte, il te restait moins d’une demi-journée de marche pour atteindre la frontière est. Fatiguée par ton voyage depuis que tu avais quitté la capitale Pankara, tu subissais désormais le contrecoup de plusieurs jours de marche – ton corps commençait à devenir douloureux de toute part, et ton estomac qui se creusait de faim à mesure que la journée défilait n’arrangeait en rien les choses. Alors la cadence se fait moins rapide, les membres lourds se trainent. Bientôt pourtant, un élément attire ton attention, et tous tes sens s’éveillent de nouveau – approchant d’un arbre, tes doigts frôlent l’écorce abîmée et souillée par des projections de sang à peine séché. T’as le cœur qui se serre, les sourcils qui se froncent, pourtant tu reprends ta route d’un pas rapide, oubliée la douleur de tes jambes engourdies. Tu aperçois rapidement, à l’orée d’une petite clairière, les ombres de petites maisons de bois, et aussitôt le mugissement de vie qui provient de ce hameau perdu t’assaille. Un sourire étire alors tes lèvres, et tu t’empresses de rejoindre les habitations. Pourtant, en traversant l’unique route du village, tu sens que quelque chose cloche, et tu repenses aux traces de sang aperçues plus tôt. La panique ambiante t’enserre la poitrine – de toute part, des hommes et des femmes courent, des blessées beuglent leur souffrance, et des morts s’entassent ci et là. Tu comprends vite le drame qui a frappé ce village, et guère désireuse de rester plus longtemps dans les parages, tu hésites un instant à faire demi-tour et à emprunter une autre route, quitte à t’éloigner des sentiers battus. Pourtant un attroupement de gens, un peu plus loin, t’interpelle, et tu ne peux résister à l’envie d’en savoir plus sur ce qui est arrivé ici. Tu te frayes alors un passage entre les villageois, et les échos de riposte d’une jeune femme parviennent à tes oreilles.

L’asiatique jette un œil à l’assemblée qui lui fait face et qui n’a guère l’air de vouloir lui prêter main forte. Sans doute te serais-tu ravisée également, si ton estomac ne t’avait pas rappelé que tu étais à court de vivres – mais l’appel du gain est trop fort, et tu te dis qu’en aidant cette femme à retrouver l’enfant disparue, tu pourrais être grassement remerciée. Alors tu écartes de tes bras les dernières personnes qui te séparent de la jeune femme, qui ne te parait pas beaucoup plus âgée que toi, et d’une voix forte et claire tu lâches « Moi. Je vais t’accompagner. » Bientôt tu entends des rires étouffés derrière toi – comment deux gamines pourraient-elles faire le poids ? Tu les ignores, dardant tes prunelles d’onyx dans celles de l’asiatique. « Donnez-moi une arme digne de ce nom, et on ira la trouver la môme. » tu continues en détachant ton rustique couteau de ta ceinture.

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Ligeia
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(#) Re: Mission de sauvetage - ft.Madaline  Jeu 24 Mai - 5:56

MISSION DE SAUVETAGE
MADALINE & LIGEIA
C’était avec un air quasi méprisant que la jeune femme à en devenir jugea cette bande de lâcheur qui jouait à l’autruche devant le risque. Elle ne demandait pas une infanterie, juste quelques braves personnes pour l’accompagner et aller sauver cette pauvre enfant d’un avenir sombre. Mais apparemment c’était bien trop demandé. La brune se sentait bouillir de l’intérieur, si les gens du peuple ne s’aidaient même plus entre eux, ils courraient tous à leur perte ! Elle soupira bruyamment en secouant sa tête et elle allait tourner les talons si une voix féminine ne s’était pas élevée parmi la foule. Prise de court, elle se retourna pour en chercher la source et elle la trouva en une adolescente à peine plus vieille qu’elle ne l’était apparemment. « Moi. Je vais t’accompagner. » Qu’elle lança, paraissant aussi décidée qu’elle. Quelques rires s’élevèrent parmi la foule – certainement les grands hommes qui parlaient plus qu’ils n’agissaient – et elle fut bien heureuse de voir qu’elle les ignorait superbement. Non, elle la fixait le plus sérieusement du monde de ses orbes sombres et elle rajouta qu’elle ne quémandait qu’une meilleure arme et elle était prête. L’inconnue fit sourire Ligeia, heureuse de voir que tout le monde ici n’était pas si tristement désespérant.

« Bien. Suis-moi. » Elle l’invita d’un signe de tête à la seconder alors qu’elle se dirigeait vers son cheval qui broutait tranquillement. L’étalon dressa les oreilles et releva la tête en reconnaissant les pas de sa maîtresse qu’il accueilli de légers coups de museau contre ses tempes. Riant doucement elle lui flatta gentiment le front puis alla chercher la dague rangée dans son sac de voyage. Elle tendit l’arme à la brune. « Garde là, je me contenterais de mon épée. En espérant que l’on n’en aura pas besoin. » Ceci fait, Ligeia prit quelques morceaux de viande séchées et elle en offrit également à l’adolescente en face d’elle. Elle ne savait pas trop combien de temps qu’elles seraient prise dans les bois, mieux valait avoir de quoi grignoter au cas où. Étant donné que justement elles allaient se promener en forêt, elle ne prit rien de plus pour pouvoir voyager léger et ne pas s’encombrer. De toute façon elle reviendrait. Avant d’y aller elle demanda le prénom de l’enfant qui se révéla être Rhaey.

Enfin prêtes, elle et sa compagne improvisée partirent vers le boisé sous les quelques regards réprobateurs de ceux qui jugeait cette quête comme stupide et perte de temps. Ligeia fit une moue, se retenant d’aller en cogner quelques-uns, question de secouer ce qu’il y avait encore comme intelligence dans leurs crânes. Non, il y avait plus important. La petite avait besoin de son aide et elle y passerait la nuit s’il le fallait, mais elle la retrouverait. L’option de croire qu’elle s’était faite avoir par ces monstres n’entrait même pas en compte dans son esprit. Elle reviendrait avec elle, elle le sentait.

Pendant les premières minutes, elle et l’autre voyageuse ne prononcèrent pas un mot, avançant en silence parmi les banches et les feuilles. Cela devenait pesant à force, surtout pour quelqu’un d’aussi social et ouvert que Ligeia qui adorait rencontrer et discuter. Certes, dans de rares moments il lui arrivait de pester contre ceux qui faisaient honte à la race humaine, mais qui pouvait lui en vouloir pour ceux-là. Aussi elle se plaça aux côtés de sa nouvelle connaissance et lui offrit le plus beau de ses sourires et engagea la conversion ; « Au fait. Je suis Ligeia. » Laissant le loisir à l’inconnue de répondre si cela lui chantait, l’asiatique avançait en cherchant au sol de possibles traces du passage de la petite. Elle ne pressait jamais les gens à lui parler ou lui dire qui ils étaient. Elle savait oh combien certains partait pour se forger une nouvelle vie et une nouvelle identité. Elle leur laissait le temps, elle se savait engageante et digne de confiance. C’était son naturel. Une moue naquit sur les lèvres de la brune qui ne voyait rien de bien aidant par terre. « Je crois que la petite est trop légère pour laisser de bonnes traces. » Un léger soupir lui échappa et elle s’accroupit pour examiner la terre de plus près. « Tu as remarqué quelque chose toi ? » Qu’elle demanda à sa complice de mission, relevant le menton vers l’intéressée. Elle attendit sa réponse et elle poussa quelques feuilles mortes de la main quand un craquement se fit entendre. Les deux se figèrent et leurs regards se croisèrent avant de mirer dans la direction du bruit. « Rhaey ? » Demanda Ligeia assez fort pour être entendue, sans hurler.
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Madaline
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(#) Re: Mission de sauvetage - ft.Madaline  Dim 3 Juin - 19:08

mission de sauvetage
ligeia & madaline.

Un sourire, un coup de tête t’invitant à la suivre, et tu fends une nouvelle fois la foule pour te frayer passage derrière l’asiatique. Dans ton dos, tu entends encore les rires gras de ces gens trop apeurés pour aller d’eux même à la recherche de la fillette disparue, leurs murmures moqueurs, alors que deux gamines à peine faites se lancent corps et âme dans une quête vaine à leur yeux – plutôt laisser l’enfant crever ou être emportée par les barbares au loin, dans les terres du Nord, plutôt que de risquer la vie des rares survivants en tentant de la sauver. D’un côté tu comprends leur réaction – ils avaient essuyé de lourdes pertes, tant matérielles qu’humaines, et cette mission de sauvetage relevait clairement du suicide. Rien ne garantissait que l’envahisseur avait quitté les forêts pankaras – sans doute se cachaient-ils encore entre les bois, guettant les inconscients qui rôderaient dans le coin dans l’espoir de les dépouiller eux aussi. Mais tu hausses pourtant les épaules à cette idée, plus guidée par la faim qui tiraille ton estomac que par le réel devoir de justice dans lequel tu te lances les yeux fermés, en la maigre compagnie de cette jeune fille à peine plus âgée que toi et dont tu ne connais pas même le nom. Alors tu occultes les commentaires railleurs de habitants du village dont tu t’éloignes, concentrant ton attention sur l’asiatique qui approche son canasson pour y aller fouiller la besace qu’il transporte. Elle te tend alors une fine lame, l’acier scintillant un instant dans un rayon de soleil voilé par la cime touffue des arbres entourant le village – tu hoches la tête en signe de remerciement, rattachant le vieux couteau émoussé de ton père à ta ceinture avant de te saisir de l’arme prêtée. Pendant quelques secondes tu t’amuses avec le fil de la lame, la faisant danser entre tes doigts pour en mesurer la légèreté – feu ton paternel t’avait appris, il y a des années désormais, à faire danser les dagues, et tu ne peux t’empêcher d’avoir une pensée émue à sa mémoire tandis que tu te laisses hypnotiser par l’acier qui virevolte. « C’est parfait. » tu lâches dans un souffle avant de la glisser dans son fourreau. Avant de partir, l’asiatique t’offre quelques bouts de viande séchée avant d’aller s’enquérir du prénom de la fillette – tu profites alors qu’elle ait le dos tourné pour croquer à pleine dent dans l’un des morceaux, guère désireuse de faire voir à ta compagne d’aventure que tes forces sont amoindries par la faim qui te ronge les entrailles.

C’est dans un silence de mort que vous pénétrez dans le couvert obscur du sous-bois – l’astre perce à grand peine le tamis épais des feuilles, rendant l’atmosphère pesant, vos pas brisant faiblement le silence de la forêt. Tu n’as guère envie de discuter à vrai dire, te complaisant dans le mutisme qui t’enveloppe à chaque fois que tu t’aventures hors des sentiers battus. Tu as fini par te faire à la solitude et aux monologues muets que tu mènes dans esprit, ne t’épanchant jamais dans de grands discours. Les bavardages n’ont jamais fait partie de ta vie, et il y a bien longtemps que tu as cessé d’alimenter les discussions de tes mots amers. Alors, lorsque l’asiatique entache le silence respectueux des bois de son flot de paroles, tu la maudis presque, sans le laisser voir cependant. « Madaline. » tu réponds presque par automatisme, sans avoir réellement écouté ce qu’elle te disait. À vrai dire, ton ouïe se perd plus loin, là où tes iris ne peuvent plus voir, écoutant les fourmillements qui régissent ces bois, à la recherche d’un son peu commun, d’un bruit inattendu trahissant une présence. À tes côtés, celle s’étant présentée comme Ligeia fouille de ses prunelles le sol humide, couvert de feuille aux mille couleurs chaleureuses – dans un soupir, elle s’accroupit, déçue par l’absence de traces, d’indices qui auraient pu vous permettre d’en savoir plus sur la disparition de la gamine. Trop légère pour avoir enfoncé la terre meuble de son poids – ou alors quelqu’un s’est assuré que la piste ne serait pas suivie. Tu fronces les sourcils ; quelque chose cloche, et à ton avis la fillette ne s’est pas simplement enfuie, plutôt enlevée par les assaillants du village pour en faire une esclave de leur clan. Tu t’éloignes un peu de ta compagne, jaugeant la profondeur des bois des tes opales sombres tandis qu’elle te questionne sur les indices que tu aurais pu trouver et qui auraient échappé à son attention. « Non rien… Il se passe quelque chose d’étrange ici, il y aurait dû avoir des traces, quelque chose, n’importe quoi. On dirait que Rhaey s’est envolée, littéralement. » tu murmures, plus pour toi-même que pour Ligeia, pour mettre des mots sur tes pensées confuses.

Alors un craquement vient frustrer le cours de ta réflexion. Dans un battement de cœur manqué, vos regards se croisent, mués de terreur – Ligeia se redresse, appelant d’un ton clair le prénom de l’enfant, tandis que tes prunelles se perdent une nouvelle fois dans la contemplation des alentours. « Chut… Tu as entendu ? » Ce n’est pas Rhaey. Ton oreille perçoit un autre bruit, plus étouffé, plus mat, que l’asiatique ne semble pas avoir entendu. Ton palpitant s’affole, ta gorge se serre. Un souffle se perd dans l’air. « Attention ! » Et sans réfléchir tu te jettes sur ta partenaire, la clouant au sol tandis qu’un sifflement passe au-dessus de vos visages plaqués dans la boue – la flèche se plante quelques mètres plus loin, dans une volée de feuille. Tout s’accélère, tu roules au sol pour te redresser, dégainant ta dague que tu ne sais où pointer, tandis que de derrière les troncs des silhouettes s’extirpent de l’ombre. D’abord une, une nouvelle flèche encochée à son arc bandé sur toi, puis deux autres, lame au poing, un rictus mauvais déformant leurs traits. Intérieurement tu jures – tu regrettes presque de ne pas avoir détourné ta route en tombant sur le village pillé, comme tu en avais eu l’intention avant d’entendre l’appel à l’aide de Ligeia. Mais désormais le danger face à vous, tu ne pouvais plus reculer – se battre ou mourir. Tu tends alors une main vers ta compagne toujours au sol « Vite, Ligeia, debout ! Ton épée… » tu lui cries en la redressant brutalement. Mais déjà les trois hommes se sont approchés, menaçants.

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