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 Il était une fois... ~ ft. Sàga

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Elyris
– clan : askhadi –
clan : askhadi
(#) Il était une fois... ~ ft. Sàga  Dim 9 Sep - 23:11


Il était une fois...


« Elyris & Sàga »
Début Kùm 150

Elyris sortit du bois, rouspétant et ronchonnant à qui mieux mieux. Devant elle, les herbes hautes frémissaient sous le passage de Sylva, qu'elle pourchassait. Le raton-laveur avait eu la bonne idée de lui voler le pilon de poulet qu'elle avait acheté, ce qui avait induit une course-poursuite endiablée. Les quelques personnes qui avaient été avec elle, autour du même feu, l'avaient vu détaler en jurant fortement, ce qui était peu commun chez elle. D'habitude, Elyris était la fille timide, voire renfermée, qui ne pipait mot pendant des heures. Et là, ils l'avaient entendue beugler au moins quatre jurons à la suite.

Ce qui faisait que la jeune femme pourchassait depuis dix minutes son animal préféré, tout en sachant pertinemment que cette course était bien vaine : elle ne récupérerait pas son poulet. A partir du moment où Sylva avait posé ses crocs dessus, et donc en était venu à baver dessus, elle avait su que c'était mort pour son dîner. Enfin, pour ce dîner-là en tout cas. En réalité, elle le pourchassait juste pour la forme : pas forcément la force physique, elle était assez endurante comme ça, pour la vengeance ; quitte à ce qu'elle n'ait pas son poulet, autant que personne ne l'ait. Le spectacle était assez comique, surtout vu depuis les feux éparses de la fête : une jeune femme qui courait dans tous les sens, comme une dératée, dans les plaines, à quelques mètres à peine des attroupements, et qui semblait poursuivre... rien du tout, en fait. Personne ne pouvait voir Sylva qui se frayait un chemin devant elle, sauf elle.

Avec un cri de victoire, Elyris se jeta en avant, et chopa le raton-laveur, qui se démena aussitôt et lui griffa légèrement l'avant-bras, jusqu'à ce qu'elle lui maintienne fermement les pattes. « Lâche. Mais lâche, je te dis ! » gronda-t-elle, agitant le morceau de poulet. Avec regret, le raton-laveur dut lâcher prise, et piaula aussitôt alors qu'elle balançait avec vigueur l'aliment dans la nature. S'ensuivit quelques paroles peu amicales échangées avec les espèces de grognements légers de l'animal, puis Elyris le relâcha, et le vit aussitôt partir fureter vers l'endroit où le poulet avait atterri. « Fais attention ! » lui lança-t-elle, bien inutilement. C'était un raton-laveur. Mais b*rd*l, qu'est-ce qu'elle ne voulait pas qu'il lui arrive un malheur.

Elyris se laissa tomber sur le dos, dans l'herbe fraîche. Elle était bien, comme ça. Seule, avec juste les bruits de la fête en fond : les cris, les rires, le crépitement du feu et la bise dans les toiles des tentes. Dans le monde, et en marge du monde. Ce qu'elle aimait le plus : avoir un contact, mais lointain, avec les êtres humains. Là, ici, dans cette partie du monde, c'était parfait. La jeune forgeronne ferma les yeux, et écouta ses pairs s'amuser. Elle rêvait de pouvoir être avec eux, sans avoir peur. De pouvoir rire, boire, taquiner, sans avoir peur. Un rêve inavouable, et surtout impossible, d'où elle était. Elle était bien trop... malade, pour ça. Elyris était dans l'un de ces moments où elle se maudissait, d'être si incapable de se forcer, d'être si introvertie et de manquer tant de choses. Elle rêvait d'une autre vie, d'une autre elle, comme bien souvent dans ces répits qu'elle s'octroyait.

Des bruits de pas, très proches, lui firent rouvrir instantanément les yeux. Elyris n'osa pas bouger, pour ne pas effrayer la personne qui approchait. De même, elle priait fortement pour que ce ne soit pas un couple d'amoureux. La jeune femme entendit les pas se rapprocher, de plus en plus, jusqu'à ce qu'une grande forme sombre la domine. Avec terreur, Elyris vit un pied se lever, et se diriger tout droit vers son visage. « Eh ! » cria-t-elle en levant le bras, roulant sur le côté pour éviter les bottes de la personne, dont elle ne distinguait que le long manteau et le tricorne. L'inconnu, surpris – visiblement, Elyris avait été invisible à ses yeux – et déséquilibré par son mouvement, s'affaissa à moitié sur elle. Elyris se figea aussitôt, surprise de ce contact inopiné. Finalement, après quelques secondes de paralysie totale, elle osa jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, pour observer l'inconnu.

Le cœur d'Elyris, qui avait déjà fait plusieurs loupés, ne s'en sortait guère mieux à présent, devant la vision qu'elle avait. C'était une femme, qui lui était tombée dessus. Et une femme à la beauté ensorcelante. Les reflets des feux, peu éloignés d'elle, faisaient chatoyer des étincelles étoilées dans ses cheveux d'or, et éclairaient ses yeux d'une lueur fantastique, sauvage. Son manteau, son tricorne étaient typiquement pankara ; elle sentait le sel, mais aussi la fumée, et les fleurs. Les fleurs Askhadi, ce qui signifiait qu'elle était là depuis quelques jours déjà. Une lueur indéfinissable s'alluma dans les yeux d'Elyris. La prestance de cette femme, ses traits – la ligne de sa mâchoire, ses yeux, ses cheveux en bataille – tout ramenait des souvenirs vivants, loquaces et involontaires dans son esprit. « Sàga ? » Le nom lui avait échappé, aussi involontaire que ces souvenirs. Il y avait bien quelque chose de Sàga, l'apprentie chamane de Pankara qu'elle avait connue, bien des années. Quand elle n'était qu'une petite fille, et pas la jeune adulte de maintenant.
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Sàga
– clan : pankara –
clan : pankara
(#) Re: Il était une fois... ~ ft. Sàga  Ven 14 Sep - 15:11

Sàga n’aimait pas les plaines d’herbe rase qui s’étendaient à perte de vue. Sàga n’appréciait guère de ne sentir aucun embrun fouetter son visage. Sàga détestait ne pas voir la mer ni entendre son chant.

Par tous les dieux, que faisait-elle encore ici, à errer dans ce maudit territoire privé d’océan ?!

Les astres devaient la narguer depuis le firmament, elle en était sûre. Eux pouvaient sans doute apercevoir les confins de la Terre et contempler les rives baignées de vagues sans problèmes. Le royaume de ses dieux se trouvait si loin que s’en était un déchirement rien que d’y songer. On l’avait arrachée à sa patrie, à ses vœux et à son devoir. Pour un peu, elle en aurait pleuré. Ce n’était certes pas la première fois qu’elle quittait Pankara mais, toujours, elle le vivait comme une souffrance. Sa folie redoublait d’ardeur durant ces voyages hors des frontières, malgré tous les efforts déployés par son entourage. Il est des blessures, des maladies, qui ne guérissent jamais.

Son devoir… Son devoir, parlons-en justement ! Ses obligations en tant que chamane du clan l’avaient poussée à accompagner Priam à la fête de l’Alliance. Dix ans que cette fédération entre mortels existait et résistait contre vents et marées. Il fallait bien fêter dignement cette petite victoire ! Sàga observait les réjouissances sans réellement y prendre part. Dès lors que Priam ou qu’aucun autre Pankara ne requérait ses services, elle errait, l’œil morne et méfiant, entre les feux de camps et les marchés, sans parvenir à taire sa mélancolie. Ce supplice durait depuis trop longtemps déjà. Elle sentait le fil ténu qui la reliait au monde des océans, dans son âme, dans son cœur, qui s’amenuisait avec la distance. Elle craignait de manquer d’eau à chaque instant. Dans son sommeil chargé de nuages, elle entendait les plaintes du Kraken et des morts noyés sans gloire.

Dans les premiers jours, elle prit sur elle pour fureter aux différents étals, laisser traîner ses oreilles et ses yeux là où on ne l’attendait pas. L’Alliance l’avait longtemps laissée indifférente. Les dieux ne se préoccupaient guère des tractations humaines, tant qu’ils respectaient les édits divins et l’équilibre spirituel nécessaire à la bonne marche du monde. En bonne chamane, Sàga ne s’était pas penchée sur le sujet car il ne faisait pas appel à ses compétences. Elle ne pouvait toutefois s’empêcher de s’en défier. Une telle Alliance, aussi forte soit-elle, représentait une cible facile pour tous les ennemis de l’équilibre divin. Sàga ne comprenait pas qu’on puisse s’exposer au danger sans se préparer à essuyer des défaites. Les membres de l’Alliance paraissaient bien trop sûrs d’eux.

Cette nuit-là, la fille des abysses se faufilait le long des feux de camp sans s’arrêter. D’humeur maussade, la lippe boudeuse, elle faisait face à sa morosité intérieure et recherchait ardemment le silence. Sa besace serrée jalousement contre son flanc, le tricorne bien enfoncé sur ses yeux et emmitouflée dans son grand manteau élimé, elle cheminait en maugréant, parlant volontiers toute seule telle une ivrogne – alors qu’elle n’avait jamais été aussi sobre de sa vie. Une triste et cruelle vérité l’habitait, qu’elle ne saurait nier. Askhadi, l’Alliance, cette fête : ils la terrifiaient.

Une imprécation jaillit soudain du sol. Interdite, sa jambe suspendue en l’air, Sàga perdit l’équilibre et bascula en avant sans possibilité de se rattraper. Elle s’affala de tout son long sur une forme allongée par terre, chaude et légèrement remuante, que la chamane mit un certain à identifier comme humaine. Les lueurs des feux jouèrent sur un visage juvénile, portant encore quelques marques de l’enfance, traçant des ombres de stupeur et de confusion. Sàga se figea. Si sa première pensée avait été de vérifier que sa bouteille d’eau de mer n’avait pas été brisée dans sa chute, elle se retrouva à dévisager l’inconnue au sol avec beaucoup d’attention.

- Tu connais Sàga ? souffla-t-elle à cause de ses côtes douloureuses, étonnée. Mais Sàga ne te connait pas… A moins que…

Les souvenirs affluaient. L’image d’une enfant curieuse se superposait difficilement à celle de la jeune femme coincée sous son poids. La chamane dut déployer de grands efforts pour chasser sa morosité et, avec de la mauvaise volonté, ranimer sa mémoire. Elle était déjà venue en Askhadi, des années auparavant, avec le vieux Ryujin.

- Est-elle d’Askhadi ? Une petite luciole qui aimait les histoires de sirènes et de pirates ?

Les opales dorées de Sàga ne cillaient pas, braquées sur le visage de la jeune femme.

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Elyris
– clan : askhadi –
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(#) Re: Il était une fois... ~ ft. Sàga  Sam 15 Sep - 22:20


Il était une fois…


« Elyris & Sàga »
Kùm 150

Elyris était face à cette femme, qui avait un air à peu près aussi sidéré que le sien, elle en était sûre. La Pankara la fixait, les yeux à peine plissés. Elle l'avait vu réfléchir quelques secondes, un léger tic d'agacement traduisant son mécontentement de cette mésaventure. Brièvement, une repartie passa par l'esprit d'Elyris, repartie qu'elle avala et oublia aussitôt, comme toujours. Elle était terrorisée, incapable de bouger tant que la Pankara serait à moitié allongée sur son bassin. La forgeronne avala sa salive, n'osant ni détourner le regard, ni bouger.

« Tu connais Sàga ? Mais Sàga ne te connait pas… A moins que… […] Est-elle d’Askhadi ? Une petite luciole qui aimait les histoires de sirènes et de pirates ? » Elyris avait commencé à croire qu'elle s'était trompée, à la fois surprise par le parler étrange et par l'affirmation. Elle s'arrêta bien vite, sourcils froncés, bouche ouverte sur des mots qu'elle ne prononcerait. Mais alors... C'était bien Sàga ? Oui, évidemment ; qui d'autre parlait ainsi ? Elyris referma la bouche, et dévisagea la chamane, dans un état indescriptible. Lorsque Sàga l'interrogea, à la troisième personne, Elyris mit un peu de temps à comprendre que c'était d'elle qu'elle parlait. Personne ne l'avait jamais appelée « luciole ». La jeune femme acquiesça doucement, la gorge toujours serrée. Elle ne savait pas du tout comment réagirait Sàga à ces retrouvailles impromptues et bien des années après le départ de Sàga, sur les routes des clans avec son mentor. Et ça l'effrayait : elle avait peur que Sàga ne lui saute dessus, ne la prenne dans ses bras, ne l'embrasse, bref, ne fasse un quelconque geste affectif envers elle.

Les souvenirs d'Elyris remontaient petit à petit, marée doucement montante mais brassée. Tous se mélangeaient : ceux où elle écoutait religieusement Sàga lui conter des légendes, ceux où elle la poursuivait sans relâche, ceux où elles jouaient ensemble à donner vie à leurs histoires favorites. Elyris avait été une enfant innocente, quelque part, bien loin et bien longtemps auparavant. De ces moments passés avec la chamane, elle gardait le goût doux-amer de celui d'une amitié profonde, mais infantile, mais éphémère. Une amitié qui l'avait portée à travers mille lieux et mille continents, à voguer sur des mers exotiques et à rencontrer des personnages fantastiques. Oui, elle avait été cette petite fille qui aimait les histoires de sirènes et de pirates.

Les yeux d'Elyris s'écarquillèrent subitement, lorsqu'elle vit Sylva reparaître, et surtout grimper sur le dos de Sàga et se mettre à lui pétrir avec bonheur le dos, l'air béat. Le raton-laveur piétina la Pankara quelques instants, puis vint s'asseoir à côté de la tête d'Elyris, et observa avec curiosité la chamane. Elyris s'était sentie devenir rouge pivoine : Sylva était sans gêne, et rarement aussi familier avec quelqu'un. Juste gênant, en somme. L'animal décida alors de lui grimper dessus, l'étouffant à moitié, ce qui la fit râler : « Sylvaaaaa. Sérieux, descends de là. T'as les pattes pleines de terre en plus ! » Elyris se frotta le visage, et ne réussit qu'à étaler un peu plus la terre sur ses joues et son cou. Elle fusilla du regard Sylva, tout en le bénissant : il lui permettait d'oublier un tant soit peu les yeux de Sàga braqués sur elle, et sa gêne, et sa frayeur.
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