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  [EVENT - Flasback] Les bleus du corps et de l'âme

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Calypso
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(#) [EVENT - Flasback] Les bleus du corps et de l'âme  Dim 25 Nov - 19:11



 
Les bleus du corps et de l'âme
Gaya & Calypso

 
« La guérison n’est jamais si prompte et douloureuse que la blessure elle-même »
Tout avait pourtant si bien commencé. Aucun nuage ne venait ternir l'horizon de ce qui s'annonçait comme être la plus belle fête depuis la nouvelle ère. La joie, l'allégresse et le partage étaient les maîtres mots de ces cinq jours de festivités. Cinq jours et nuits pour célébrer les dix années de paix et de prospérité de l'Alliance. Au fil des ans elle a su fédérer autours d'elle toujours plus de monde et cela se vérifiait avec l'arrivée nouvelle de Kelowniens parmi nous.  Les faire s'intégrer n'a pas été de tout repos et les discussions autours de la table furent animées. Mais à force de persuasion et d'argumentation, nous pouvions compter ce nouveau clan dans les rangs de la paix.

Hélas, les choses ne sont pas toujours ce qu'elle paraissent et il n'est pas toujours évident de changer les habitudes et les coutumes ancrées depuis des décennies d'un clan entier. Malgré toutes les bonnes intentions certains se sont sentis trahis et humilié par le choix de leur chef. C'est ainsi qu'au cinquième et dernier jour de la fête un voile fait de cris et de sang recouvrit la terre Ashkadienne.  Les dissidents Kelowniens, qui avaient estimé que leur honneur fut bafoué, nous prirent tous par surprise. La bataille fut sanglante, terrifiante, laissant des enfants orphelin et des veuves éplorées.

Je n'ai pas vraiment réfléchi ce soir là et je décidai de prêter main forte aux secours à défaut de savoir me battre. Les blessés affluaient déjà depuis plusieurs heures sans interruption. A chaque entrée dans ce que nous avions installé comme base de soin, je redoutais de voir un de mes proches étendus sur un brancard. Je n'avais pas eu de nouvelles de Priam ou d'Annabeth et l'inquiétude ne me quittait pas. Je devais cependant rester concentrée et veiller à prodiguer les soins adaptés à chacun.

C'est alors qu'on m'amena une Shisayo, semi consciente. Je l'avais croisée déjà de vue, Gaya, elle est la chef des guerriers Shisayos et la conseillère d'Uriah par la même occasion.


"Installez la ici, surtout ne la brusquez pas, elle est dans un sale état."

Posant ma main sur son front je l'examinais rapidement afin d'apaiser ses souffrances de la manière la plus efficace possible. Visiblement le bras est cassé et la douleur semblait être insupportable. Je me retournais et m’affairais à lui préparer un breuvage afin de stopper l'inflammation et la douleur. Fouillant dans ma valise j'ajoutais dans le bol du curcuma en poudre, un peu de saule avant de la mélanger à de l'eau et de la faire doucement chauffer. Pendant ce temps je ressorti mon baume apaisant pour son bras. A base de graisse de porc et de fleurs d'arnica, j'ajoutais une poignée de cire d'abeille pour hydrater la peau, quelques gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée, un anti-douleur naturel, et enfin l'huile essentielle de lavande fine pour son parfum calmant et relaxant.

"Là... Ne bouge pas, je vais t'appliquer une crème qui va réduire l'inflammation et calmer les douleurs. Après je désinfecterai et soignerais les petites plaies que tu as ici et là d'accord ? Rassure toi, tout va bien."

Je parlais d'une voix douce et tranquille afin qu'elle comprenne qu'ici, elle était à présent en sécurité et que j'allais prendre soin d'elle. Avec précaution j'appliquais alors le baume sur son bras avant de lui glisser dans une écharpe nouée autours de sa nuque et de son dos.

"Il faut que je te fasse un plâtre ou au moins une atèle que tu devras garder entre 6 et 8 semaines. C'est important que tu ne bouges surtout pas ton bras pendant ce temps." Je me tournais alors vers mon petit breuvage qui avait atteint la bonne température. "Tiens, bois ça, ça aidera ton bras. Désolée c'est moins bon qu'une vraie bière mais c'est plus efficace."

Je retournais alors vers le petit charriot sur lequel était disposé les bandages, compresses et autres désinfectant afin de m'occuper maintenant de ses plaies plus superficielles avant de finir par le plâtre.


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Calypso

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Gaya
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(#) Re: [EVENT - Flasback] Les bleus du corps et de l'âme  Lun 26 Nov - 19:20


Les bleus du corps et de l'âme

Gaya & Calypso - Kùm 150


I'm not afraid of pain, I'm afraid of what's coming after

Son épée tournoya encore une fois, et une gerbe de sang macula un peu plus Gaya. Encadrée de cinq guerriers, elle protégeait les innocents de tout clan qui cherchaient à échapper aux Kelowniens. Dans son dos, elle pouvait entendre Uriah qui rassurait ses compatriotes puis les dirigeait à l'abri. Deux Kelowniens fondirent sur la guerrière, qui brisa sans hésiter la ligne de défense qu'elle avait formée pour se porter à leur rencontre. Elle faisait confiance à ses guerriers pour reformer les rangs, d'autant plus qu'elle en voyait trois autres les rejoindre. Assurée de la stabilité de cette défense, Gaya s'enfonça entre les tentes et les brasiers, et laissa libre court à sa jubilation guerrière. Elle avait de l'énergie à revendre, et une colère âcre qui lui brûlait la gorge. Une chose lui avait toujours fait horreur : qu'on s'en prenne à des innocents. A des non-guerriers. Quitte à attaquer, autant attaquer quelqu'un qui pouvait se défendre. Il n'y avait aucun honneur à attaquer des artisans, des commerçants et des paysans. Encore une fois, son épée tournoya, et Gaya fut aveuglée un instant par le sang.

La jeune femme émergea avec un sursaut de sa semi-perte de conscience, et se débattit faiblement avant de laisser échapper un cri de douleur. La douleur lui fit monter les larmes aux yeux, tandis qu'elle serrait les dents et agrippait avec force son épaule. Gaya réussit à s'adosser au piquet d'une tente détruite, et gémit sourdement. La tête tournée à l'opposé de son bras, elle aperçut le guerrier qui le lui avait brisé, gisant au sol, éventré et avec sa lame encore plantée dans le ventre, et lui jeta un regard assassin. Gaya combattait avec une longue et lourde épée qu'elle maniait à deux mains, la plupart du temps. Il lui arrivait de l'employer d'une main, mais jamais bien longtemps. En revanche, l'attaque de ce guerrier l'avait obligée à lâcher son épée de la main gauche, pour tenter de se protéger la tête de son bras. Résultat, un bras cassé et, une fois le guerrier tué dans un accès de courroux, elle s'était écroulée... sur le bras, bien entendu. Heureusement pour elle, personne n'était venu l'achever. Autour d'elle, c'était l'apaisement après l'agitation : plus de fracas des combats, que les cris et les pleurs. Des appels à l'aide, des sanglots de désespoir, des hurlements de vengeance. Elle ne connaissait cela que trop bien. Gaya ferma les yeux un instant, rassembla ses forces et se redressa, faisant attention à ne pas trop bouger son bras. Titubante, elle récupéra son épée et la rangea telle quelle dans le fourreau qui cliquetait dans son dos. Puis, elle se mit en quête d'un guérisseur, si possible avant de s'évanouir et de se vider de son sang.

« Gaya ! » Le guerrier rattrapa sa commandante au moment où celle-ci s'écroulait, le bras ballant. Gaya laissa échapper un hoquet de douleur, et sentit un voile sombre et épais tomber sur elle. Son soldat la dirigea vers une tente autour de laquelle s'affairait une foule d'ensanglantés ; guérisseurs et guerriers. Gaya se sentait partir par intermittence ; sensation très étrange, que de ne voir le sol qu'un pas sur trois. Le Shisayo l'allongea sur une paillasse de fortune, sous les ordres d'une voix féminine. Gaya fit un effort pour fixer son guerrier de son regard le plus implacable. « Trouve Uriah. » ordonna-t-elle simplement, ravie de le voir décamper. Elle devait savoir si son chef était vivant, avant toute chose. Le voile retomba sur ses yeux quelques millièmes de secondes, mais le contact d'une main fraîche sur son front brûlant l'en sortit bien vite. Gaya eut à peine le temps de reconnaître Calypso, sœur et seconde de Priam de Pankara, que celle-ci se détournait déjà pour préparer ses mixtures. La Shisayo laissa reposer sa tête, et sentit le cuir, poisseux mais réconfortant, de son arme, contre ses cheveux. Elle était épuisée, tellement épuisée que la douleur lui semblait bien lointaine. Les manipulations de Calypso firent revenir la douleur au grand galop, faisant broncher Gaya. La douleur avait beau être une vieille connaissance, elles entretenaient plutôt une relation d'amour-haine.

« Il faut que je te fasse un plâtre ou au moins une atèle que tu devras garder entre 6 et 8 semaines. C'est important que tu ne bouges surtout pas ton bras pendant ce temps. […] Tiens, bois ça, ça aidera ton bras. Désolée c'est moins bon qu'une vraie bière mais c'est plus efficace. »  Gaya eut un léger rire, puis entreprit de se redresser pour saisir la tasse que lui tendait Calypso de sa main valide. Elle s'aperçut alors que cette dernière tremblait. Elle tombait de fatigue. L'adrénaline dans ses veines s'évaporait à toute vitesse, ne laissant qu'une femme blessée, inquiète de perdre l'usage de son bras et, de ce fait, son poste. Sa vocation, son obsession ; ce pour quoi elle était née et ce pour quoi elle s'était battue. Ce fut cette peur qui l'amena à écouter avec attention Calypso. Gaya but quelques gorgées de la décoction, observant les gestes de Calypso. « Je ne bois pas. D'alcool, je veux dire. Quels soins j'aurai à faire ? » Les sourcils froncés, échevelée, couverte de sang, courbaturée, mais une lueur déterminée dans le regard. Elle ne laisserait ni la douleur, ni les blessures, ni la guérison, la briser.

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(#) Re: [EVENT - Flasback] Les bleus du corps et de l'âme  Lun 26 Nov - 21:55



 
Les bleus du corps et de l'âme
Gaya & Calypso

 
« La guérison n’est jamais si prompte et douloureuse que la blessure elle-même »
Les blessés ne cessaient d'affluer dans notre centre médical de fortune. Les blessés les plus méger étaient mis en attente sur des coussins disposés au sol. Le plus important était de s'occuper en priorité des blessures sérieuses telles que celles de Gaya. Je n'avais, par le passé, jamais eu  à vraiment gérer ce genre de situation. Être au coeur de l'action et à le fois dans une bulle à part. Voir autant de peine et de douleur d'un seul coup me serrait le cœur et me soulevait l'estomac. Isilma m'avait dit qu'un jour j'aurai à affronter cette dure réalité mais jamais je n'aurai pus imaginer que ce serait si pesant émotionnellement. Je n'ai jamais supporté voir les gens souffrir et c'est aussi pour cette raison que je n'avais jamais rechigné à suivre les enseignements de ma vieille tutrice à la lettre. A défaut de savoir me battre, je pourrais apporter ma pierre à l'édifice en m'occupant de ceux qui auront besoin de mes aptitudes après et en-dehors des combats. Je me remémorais alors les paroles de ma mentore.

"Guérisseur, c'est comme être le soleil en pleine nuit, on ne le voit pas et pourtant, c'est bien lui qui fait briller la lune."

Notre rôle n'est pas d'être toujours dans la lumière, c'est de pouvoir s'effacer pour que les autres puissent à leur tour briller. Nous sommes les béquilles, les cannes, les mains tendues quand les autres en on le plus besoin. Et une fois qu'ils sont remis sur pieds, nous retournons dans l'ombre pour qu'ils puissent étinceler de nouveau. Nous sommes les restaurateurs de l'âme et du corps et je ne m'éclipserai que lorsque tout sera rentré dans l'ordre.

Je jetai un coup d'oeil à la Shisayo alors que je sortais doucement de mes pensées. Elle allait devoir se ménager pendant au moins deux voir trois bons mois si elle voulait être certaine de récupérer toutes ces facultés. Je me doutais bien que l'annonce de cette nouvelle n'allait pas la ravir mais je ne voyais pas d'autres solutions. Je posais ma main sous la sienne pour l'aider à boire alors que je voyais son état d'épuisement empirer.

"Et bien, tout d'abord, le plâtre. Tu devras bien le garder pendant deux mois et demi, surement trois. Ne pas faire de gestes inutiles qui pourraient empirer la situation et la prolonger. Je te donnerais une écharpe correcte un petit peu plus tard, une Askhadi doit m'en rapporter. Je vais également te poser un baume avant le plâtre, cela aidera à la ressoudure de tes os. Tu auras un breuvage à prendre le matin pour la douleur et l'inflammation et je t'en préparerais un autre pour le soir, afin qu'il t'aide à dormir puisque ce ne sera pas facile de trouver une position dans laquelle tu ne souffres pas trop. Mais surtout, il te faut du repos et du calme. Je ne plaisante pas."

Je reposais la tasse sur le guéridon et m'assis en face d'elle.

"Je sais que tu es très dévouée et attachée à ce que tu fais. Vraiment. Tes prouesses et ta réputation te précèdent. Mais si tu veux pouvoir le faire de nouveau de manière toute aussi efficace, il va falloir que tu te repose et que tu délègue pendant un bon moment. Je ne pense pas qu'Uriah t'en tiendra rigueur. Au contraire. Il faut que tu te ménages et que tu penses un peu à toi avant tout le monde pour une fois."

Je repris le désinfectant et les cotons posés sur le chariot pour commencer à m'occuper de ses blessures plus légères. Je préferai la prévenir avant de faire quoi que ce soit, avec un tel état de fatigue on se fait surprendre d'un rien et on est aussi plus sensible. J'approchais alors le coton en douceur.

"Attention c'est froid."

Les plaies ne nécessitaient pas de points de suture, un petit baume cicatrisant feraient amplement l'affaire pendant une petite semaine.

"Ca devrait aller. Je vais te donner quelque chose à mettre dessus le soir et dans une semaine on ne verra presque plus rien. Au fait, tu as des nouvelles des membres de ton clan ? D'Uriah ?"

J'avais apprécié nos discussions lors du troisième jour de la fête . Je ne l'avais pas vu parmi les blessés dont j'avais la charge cependant. Soit tout allait bien, soit il était ailleurs, soit il était trop tard. C'était un homme bien et je serai peinée qu'il lui soit arrivé quelque chose ce soir.

"On va s'attaquer au plâtre. Tu es prête ?"

Je sortais de ma sacoche les bandes de jersey et de ouate, ainsi que le plâtre à tremper et mon baume à poser en premier lieu. J'avais l'habitude d'en poser aux enfants de Pankara qui se cassaient les chevilles ou les poignets à force de chahuter dans les rochers en bord de mer. Des accidents bête mais qui m'ont fait pratiquer à de nombreuses reprise cet exercice. Tout allait bien se passer.


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Gaya
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(#) Re: [EVENT - Flasback] Les bleus du corps et de l'âme  Mer 28 Nov - 19:17


Les bleus du corps et de l'âme

Gaya & Calypso - Kùm 150


I'm not afraid of pain, I'm afraid of what's coming after

Calypso posa doucement sa main sous la sienne, pour l'aider à maintenir sa main dont elle peinait à maîtriser les tremblements. Gaya ne sut pas comment réagir. D'habitude, elle aurait vivement repoussé la guérisseuse mais... justement, celle-ci la soignait. Elle ne pouvait pas la repousser aussi violemment qu'elle l'aurait fait si ça avait été l'un de ses guerriers. Une fois la tasse finie, Calypso la reposa sur un petit meuble, ce qui permit à Gaya de se convaincre qu'elle n'avait pas réagi parce qu'elle ne voulait pas ruiner ses chances de guérison. Pas parce qu'elle était trop fatiguée et que cela affectait ses capacités.

Depuis toujours, Gaya se préoccupait du regard des autres sur un seul et unique point : sa force. Pas tant la force physique que sa volonté. Elle avait eu à prouver qu'elle en voulait, qu'elle s'accrocherait jusqu'au bout, toujours. Gaya était une louve du désert, acharnée et solitaire. Ses rares appuis avaient été ses camarades guerrières, et encore, ça avait été rare et bref. L'accession au pouvoir rendait les amitiés bien plus complexes. Et Gaya, avec sa paranoïa instinctive, n'avait jamais réussi à réellement faire confiance depuis qu'elle était chef des guerriers. Ses responsabilités avaient toujours pris le pas sur ses amitiés.

La réponse, longue et détaillée, de Calypso lui fit un peu plus froncer les sourcils. Ca faisait beaucoup d'informations, et elle n'était pas sûre d'être en état de se souvenir de tout. La douleur recommençait à pulser dans son corps, la rendant irritable et irrégulièrement concentrée. La mâchoire de Gaya se crispa par à-coups. Subitement, le fait que Calypso s'asseye à côté d'elle, et lui parle... d'elle, lui fit jeter un regard par en-dessous à la guérisseuse. Gaya, impénétrable, détailla chaque infime mouvement sur le visage de Calypso. Elle semblait la comprendre. Savoir à quel point elle était dévouée, qui elle était, ce qu'elle avait fait et faisait, c'était facilement compréhensible. Gaya ne s'en cachait pas. Elle avait de la valeur, et elle avait toujours demandé à ce qu'on le reconnaisse ; ça ne changerait pas. Mais il y avait quelque chose d'autre, dans le ton de la Pankara, qui l'interpellait. Comme si elle semblait vraiment la comprendre. Comme si elle savait que Gaya, en bonne tête brûlée par le soleil du désert, ne l'écouterait qu'à moitié. Tous les guérisseurs agissaient ainsi. Ils faisaient comme si elle était inconsciente des risques d'une mauvaise guérison. En réalité, et cela semblait bien contradictoire avec son impulsivité coutumière, Gaya était tout l'inverse. Il n'y avait que quand elle était blessée qu'elle se préoccupait d'elle-même. Et ce avec une attention... paranoïaque. C'était pourquoi être blessée était la pire chose qui pouvait lui arriver. Parce qu'elle savait que durant ce laps de temps, elle serait paranoïaque pour son chef et son clan, et pour elle-même. Concernée par tout le monde ; et elle n'aimait pas ça. Il y avait trop de choses à prendre en compte, trop de choix contradictoires. Et elle savait que, si elle voulait jouer sur le long terme, elle devrait se faire passer avant son clan, et elle détestait cela. Gaya était Shisayo jusqu'au plus profond de son âme ; expulser toute contrariété à son propos était son moyen d'agir pour son clan. Ne pas être inquiète pour elle-même, ni pour quelqu'un d'autre, ce n'était qu'un moyen de se concentrer sur son clan. Sur ses responsabilités plus que sur ses amitiés, encore une fois.

Gaya resta silencieuse, pendant que Calypso nettoyait ses plaies. Dans le même temps, elle suivit avec attention ses gestes. Elle cherchait toujours à apprendre comment se soigner ; et ça lui permettait de faire un état des lieux de son corps. Hormis les quelques plaies par-ci par-là, les plus grosses blessures consistaient en son bras cassé, et en une entaille, longue mais superficielle, sur sa cuisse. « Ca devrait aller. Je vais te donner quelque chose à mettre dessus le soir et dans une semaine on ne verra presque plus rien. Au fait, tu as des nouvelles des membres de ton clan ? D'Uriah ? » Gaya sentit son intérêt, ou plutôt sa paranoïa, s'éveiller. En tant que seconde de Priam, il n'était pas anormal que Calypso connaisse Uriah. Cependant, Gaya était sur les nerfs. Ils venaient d'être attaqués par le dernier clan entré dans l'alliance ; qu'est-ce qui lui disait que Calypso n'était pas de mèche avec eux ? Après tout, Pankara était frontalier de Kelowna. Et ils avaient beau faire partie des premiers clans, aucune décision du chef ne faisait jamais l'unanimité. A quel point Calypso connaissait-elle Uriah ? Que lui voulait-elle ? « La dernière fois que je l'ai vu, il allait bien et était entouré de huit guerriers. » Sa voix avait été rauque, sobre, neutre. Elle avait avalé trop de sable depuis trente ans.

« On va s'attaquer au plâtre. Tu es prête ? » La guerrière regarda avec curiosité ce que préparait Calypso. Cette dernière semblait prête à agir, mais Gaya l'arrêta d'une main, grimaçant quand ce soudain mouvement tira sur ses muscles courbaturés. Elle décrocha la lanière qui passait sur sa poitrine et qui soutenait son épée, et posa cette dernière à ses côtés. « Explique-moi ce que tu vas faire. » Elle avait essayé de faire en sorte que ce soit plutôt une question qu'un ordre, mais ce n'était pas réussi. Du tout. Elle avait trop aboyé sur ses hommes depuis six ans. Elle était faite de silice, sable et verre, et avait oublié ce que c'était que d'être du velours. Si elle l'avait été un jour, un tant soit peu. Encore une fois, un trouble passa dans ses yeux gris-bleu ; aurait-elle dû s'excuser et reprendre plus poliment ?

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