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 Le miroir de l'onde

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Niallàn
– clan : sengoli –
clan : sengoli
(#) Le miroir de l'onde  Jeu 10 Jan - 17:15

Milieu de Deàrrsadh 150

Niallàn inspira à pleins poumons l’air iodé qui se mêlait aux senteurs des résineux. Il n’y avait qu’ici, à la frontière Pankara, qu’elle pouvait respirer cette fragrance unique. Forêt et mer se côtoyaient se près. Le cœur léger, la jeune femme s’engageait entre les fourrés et les racines, laissant courir sa main sur les troncs centenaires, les yeux tournés vers le ciel.

Le convoi marchand était parti de Moroni depuis des jours. Niallàn aurait volontiers acheté un cheval pour la route mais le troc ne lui réussissait guère ces derniers temps. On lui avait offert une place à l’arrière d’une carriole un peu branlante. Avec sa besace, son arc et son corbeau, elle passait relativement inaperçue au milieu de la caravane. La journée, elle aidait parfois les chevaux empêtrés dans les marais. Le soir, elle écoutait les récits des doyens. Les marchands avaient toujours de bonnes histoires à raconter. Mais ce dont la Sengoli était la plus friande, c’était les récits sur l’ancien monde. Cette année, hélas, il n’y avait aucun conteur dans le convoi. Elle devait donc prendre son mal en patience, laisser traîner ses oreilles au détour d’une conversation anodine pour se divertir et simplement prier pour arriver à la fin du voyage en un seul morceau.

Le trajet s’avérait monotone, sans grande fantaisie. Cependant, Niallàn s’aperçut bien vite à quel point tout cela lui avait terriblement manqué. Cruellement manqué. Fille de l’exil, fille des routes, la soigneuse admirait le paysage comme si c’était la première fois qu’elle le voyait. Elle respirait plus librement, loin de la ville et aimait à lâcher la bride à son imagination en découvrant les monts lointains, les larges miroirs d’eau, les bois obscurs et sauvages, les ruines surgissant du sol comme autant d’épines dans la chair meurtrie de la Terre. Niallàn aimait tous les voyages, sans exception. Même si elle redoutait un jour de lâcher prise et d’abandonner ses ports d’attache, elle ne se lassait pas de céder à l’appel de l’inconnu.

Bientôt, la caravane arriverait près de Galene. Niallàn avait préparé des missives pour ses parents au cas où elle n’aurait pas le temps de passer les voir. Sa route continuait vers la Citadelle. A chaque pas en direction de la capitale, un flot de souvenirs l’envahissait. Moroni, Galene, la Citadelle… Ses ports d’attache.

La caravane faisait ce jour-là une courte pause, à l’heure de l’après-midi où la chaleur devenait trop suffocante. La Sengoli en profita pour s’éloigner un peu, espérant trouver du calme et du silence loin de l’agitation de tous ces gens participant au convoi. Cela faisait des jours qu’ils vivaient tous les uns sur les autres et elle arrivait à bout de patience. Même Ingwë devenait de plus en plus insupportable. Il s’absentait parfois des heures durant et revenait, sans crier gare, faire peur aux gardes à la nuit tombée en voletant à hauteur des torches. Qu’à cela ne tienne ! L’occasion était trop belle aujourd’hui. Niallàn prit le chemin le plus court vers un lagon aperçu un peu plus tôt. Révélé par les troubles reflets du soleil, il exposait sa surface argentée au fond d’une clairière entourée de hauts arbres. Posant son sac à l’abri entre deux grosses pierres, vérifiant d’un coup d’œil circulaire qu’elle était bien seule, Niallàn se déshabilla en toute hâte avant de pousser un soupir d’aise, les deux pieds dans l’eau. L’onde caressait fraîchement sa peau nue, lui arrachant de délicieux frissons. Ce bain en toute intimité était devenu une obsession depuis quelques temps. Elle se sentait aussi crasseuse sur son corps que dans son esprit.

A chaque pas qu’elle faisait dans le lagon miroitant, ses pensées parasites paraissaient se dissoudre. Sous la plante de ses pieds roulaient quelques galets, du sable et des algues. Elle avança prudemment jusqu’à avoir l’eau au niveau de sa taille. Bien qu’on lui ait appris à nager dans son enfance, la tâche ne s’était révélée aisée pour elle. Fermant les yeux et prenant une grande inspiration, Niallàn se laissa totalement immergée.

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Gaya
– clan : shisayo –
clan : shisayo
(#) Re: Le miroir de l'onde  Jeu 10 Jan - 19:01


Le miroir de l'onde

Gaya & Niallàn - Deàrrsadh 150


I'm a sandstorm, raging and burning

Gaya chevauchait depuis plusieurs jours. Elle n'aurait jamais cru être aussi heureuse de voir des arbres, et même de croiser des Pankaras et des Askhadis. Bien que leurs relations avec ces clans étaient apaisées et même prospères depuis plusieurs années, Gaya n'était pas du genre à apprécier les paisibles bergers des prairies d'Askhadi et les marins Pankaras reculés dans les terres. Sa vie s'était passée dans la douleur et les courbatures, dans le claquement du fer et la rigidité du cuir. Sa verve habituelle et son impulsivité fondamentale créait un fossé avec ces membres plus pacifiques. Néanmoins, sur la route, Gaya avait apprécié de changer d'air. Dans les auberges, elle avait prêté une rare attention aux histoires des nomades, et s'était prêtée aux rires de bon cœur. Ici, son nom n'était pas connu ; ou tout du moins pas associé à son visage. Elle avait une liberté dont elle ne profitait plus à Shisayo, une liberté qu'elle avait rêvé d'avoir depuis toujours. Lentement, elle redécouvrait le goût du voyage, des nuits passées sous les étoiles. Une certaine nostalgie s'emparait d'elle, la nostalgie de son enfance. De sa famille.

Au retour d'Uriah, Gaya n'avait pas perdu de temps pour s'échapper. Le voir avec son fils, voir cette fierté et cette douleur dans ses yeux, avait réveillé en elle une douceur disparue depuis longtemps. Gaya avait entrepris, timidement presque, de récolter des informations sur sa famille. Après des années passées sans même penser à eux, elle ressentait cet étrange besoin de les revoir, et de rattraper un temps perdu pour toujours. Ce fut ainsi qu'elle se retrouva à préparer ses affaires et à partir pour la Citadelle. De ce qu'elle en savait, sa famille avait évoqué de s'y rendre. Elle ne savait pas pourquoi, elle ne savait même pas si elle les trouverait, et encore moins ce qu'elle pourrait leur dire, mais, plus que de retrouver sa famille, Gaya avait besoin de suivre à nouveau des sentiers nomades. Alors elle avait emprunté un cheval, l'un de ceux alloués à ses guerriers, et était partie. Depuis presque dix jours, prenant son temps, elle longeait la frontière Askhadi, du côté Pankara. Elle avait pris le temps de faire quelques détours, dans un village Shisayo près de la frontière, avec une caravane Askhadi, dans des cahutes Pankara. A présent, elle arrivait enfin au terme de son voyage, mais il serait trop tard pour atteindre la Citadelle dans la journée.

Gaya déplia lentement son bras en guérison, et le fit bouger lentement, ravie de voir que plus aucune douleur n'éclatait dans ses muscles. Ce jour-là, il faisait chaud, très chaud. Gaya s'amusait, sur la route, à voir les visages dégoulinants de sueur des rares personnes qu'elle croisait ; ou les campements à l'ombre que certains avaient dressé, dans l'attente d'une soirée plus clémente pour rejoindre l'auberge la plus proche. Gaya, avec son sourire railleur, ses yeux pétillants de goguenardise, s'attira de nombreux regards noirs. Tranquille, elle n'y répondit pas pour une fois, et se contenta de savourer la supériorité que des années dans le désert lui avaient octroyée. Elle supportait mieux les chaleurs qu'aucun d'entre eux, et s'en gaussait sans vergogne. Subitement, alors qu'elle progressait sur la route, elle aperçut l'eau bleutée et miroitante d'un plan d'eau. Cela lui rappela les soirs passés dans l'eau limpide d'une oasis, à s'arroser et à se jeter dans l'eau avec ses frères et sœurs. Elle eut envie, à nouveau, de sentir l'eau fraîche glisser sur son corps, en contraste avec le soleil brûlant qui lui chaufferait la peau. D'un geste, Gaya fit tourner son cheval, et le lança au petit trot sur une piste peu utilisée. Bientôt, elle arriva au plan d'eau, qui s'avise être un lagon. Gaya mit pied à terre, et attacha sa monture à un arbre, prenant soin de la laisser à l'ombre, et avec suffisamment de mou dans la corde pour que la jument puisse grignoter les pousses d'herbe comme atteindre l'eau. Gaya jeta un regard autour d'elle, méfiante, puis s'approcha du bord. Elle ne savait pas nager, mais l'eau ne la terrifiait pas pour autant. Elle en connaissait les dangers, et, bien que fille du désert jusqu'au bout des ongles, respectait cet élément si contraire à celui dans lequel elle avait l'habitude d'évoluer. L'un de ses cousins, en bas âge, s'était noyé dans la mare dérisoire d'une oasis, juste avant qu'elle ne rejoigne Semara. Gaya avait sans peine retenu la leçon : ne t'attaque jamais à un adversaire que tu ne peux vaincre. Or, elle savait très bien qu'elle ne pouvait vaincre l'eau, ce qui avait, semble-t-il, évacué toute peur du liquide de son être. Précautionneuse, les sens aux aguets, Gaya déboucla la chaîne qui tenait son épée accolée à son dos, et posa arme et fourreau au sol, à l'abri des vagues mais suffisamment proche pour qu'elle puisse l'attendre si besoin était. Puis, lentement, elle ôta ses vêtements, et les laissa glisser sur le sol. Gaya posa prudemment un pied dans l'eau, puis l'autre. Ses yeux étaient fixés sur l'onde miroitante, fascinés d'y voir et le reflet du ciel, et son reflet, et les galets du fond. C'était toujours une sensation étrange pour elle, que de se laisser envelopper dans un cocon qui glissait sur votre peau comme de la soie, mais avec une telle liberté qu'elle ne se sentait jamais enserrée ou étouffée. La Shisayo s'enfonça lentement dans l'eau, gardant un contact avec la terre ferme : profitant qu'un rocher s'avançait dans l'eau, elle laissa glisser sa main dessus, certaine de pouvoir s'y rattraper s'il le fallait. Et comme sur ce rocher trônait son épée, elle était sûre de pouvoir agir rapidement s'il le fallait.

Gaya contourna le rocher puis, satisfaite d'avoir de l'eau jusqu'au milieu des cuisses, plia toujours aussi prudemment les genoux. Elle s'assit dans l'eau, le liquide bleuté venant lécher chaque parcelle de peau immergée, mais incapable d'aller plus haut qu'une ligne inégale en-dessous de ses épaules. Ses longs cheveux bruns, pour une fois détachés, bouclés et poussiéreux, étaient coincés entre son dos et le rocher, contre lequel elle s'était appuyée. Gaya croisa les jambes, et posa les mains dessus, paumes vers le haut. Sur ses doigts, dans sa main, l'eau passait, langoureusement agitée d'un léger courant. Elle ne pouvait pas la saisir ; elle avait l'impression de saisir du sable, mais un sable qui s'écoulait continuellement entre ses doigts. Gaya ferma les yeux, un léger sourire aux lèvres. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas médité non plus. Sur ses paupières dansaient le reflet de l'eau, dont le doux clapotis se mêlait au chant des grillons, aux légers renâclements de son cheval. Gaya se détendit, son corps nu tour à tour caché et révélé par les vaguelettes qu'elle avait provoquées à son entrée dans l'eau. Qu'elle se sentait bien, qu'est-ce qu'elle appréciait cette plongée dans ses souvenirs…

(c) Earth & Ashes


J'espère que ça te convient  minicoeur

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(c) Earth and Ashes
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Niallàn
– clan : sengoli –
clan : sengoli
(#) Re: Le miroir de l'onde  Hier à 21:22

Niallàn aimait le silence serein qui régnait sous la surface. Les eaux étouffaient les bruits extérieurs, les troublaient, jusqu’à les réduire à un murmure inintelligible. Elle fit quelques brasses, dans cet univers bleuté où se reflétaient le ciel et les algues, avant de se décider à remonter prendre de l’oxygène. Elle s’était baignée dans un lagon par le passé. On en trouvait généralement qu’en Pankara et, sitôt qu’elle avait su patauger dans une rivière peu profonde, on l’avait aidée – forcée – à découvrir des étendues d’eau similaires à ce lagon-ci. Elle devait prendre ses marques, apprécier l’eau avant de n’y voir qu’une nécessité. C’était seulement ainsi qu’elle pourrait vraiment priser les voyages en mer – même s’il ne s’agissait que d’un tour en barque pour ramasser un filet. Le mal de mer, quant à lui, elle ne s’y habituait pas.

La soigneuse creva la surface avec force. Happant l’air goulûment, elle resta un instant à nager sur place, trop occupée qu’elle était à démêler ses multiples tresses d’or blanc et à dégager son visage. Lorsque ses yeux se posèrent enfin sur un horizon pas trop brouillé, elle fut déçue de ne pas y apercevoir l’océan. Sans doute la fin du lagon se situait-elle plus loin, au-delà des arbres touffus et de ces rocs escarpés qui lui bouchaient la vue. Elle se désola quelques secondes de ce constat avant de songer à regagner la rive.

Ce fut à cet instant que le soleil joua malicieusement sur une forme alanguie sur le rivage, aux reflets de topaze et de cuivre. Niallàn risqua un coup d’œil tandis qu’elle barbotait vers son propre rocher. Sans oser trop regarder en arrière, elle distingua une silhouette féminine et d’épais cheveux d’ébène. Son rythme cardiaque partit au galop, trop en avance et lui coupa le souffle. Sans plus attendre, elle se précipita jusqu’à une cachette, à quelques mètres de ses vêtements car c’était alors l’endroit le plus proche et le plus propice à masquer… Eh bien… Tout ce qu’il y avait à masquer. Niallàn était une damoiselle for pudique, surtout face à des inconnus. Sa méfiance redoubla lorsqu’elle ne parvint à identifier, principalement à cause de la distance, la femme allongée comme étant un membre de la caravane qu’elle suivait. Par réflexe, elle chercha Ingwë du regard mais le malin volatile ne devait pas être encore rentré de sa chasse, ou de sa sieste, laissant alors sa maîtresse à la merci de Dame Imprudence en personne.

A demi cachée par un amas de racines plongeant dans le lagon, elle espérait sa nudité autant couverte par l’eau que par ses longs cheveux. Avec cet espoir chevillé au cœur, elle risqua un nouveau regard vers l’inconnue, également dans le plus simple appareil et se risqua à ajouter à son panel un soupçon d’espérance en plus : pourvu qu’elle ne soit pas belliqueuse ! Car avec tout le raffut que venait de faire la Sengoli, celle-ci ne passerait pas longtemps encore inaperçue. Pourvu que la baigneuse ne soit pas de mauvais poil ainsi dérangée…


HRP : mdr   niark: nomnom

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