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 [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude

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(#) [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyLun 4 Sep - 23:10

Le prix de la liberté
Atlas & Oldarik
My life is just one constant battle between wanting to be alone, but not wanting to be lonely




An 150, milieu du troisième mois

« [...] Uruk se porte très bien, il est en bonne santé, grandit normalement et surtout, il paraît heureux. Les habitants ont fini par s'habituer à lui, il n’est plus aussi craint qu’avant. Puis il ne présente pas d’animosité envers les Hommes ce qui est vraiment encourageant pour l'avenir. D’ailleurs, te voir lui ferais sûrement plaisir, il semblait t’apprécier ; et cela me ferait plaisir aussi.
Au fait, j'aime beaucoup tes dessins.
-Atlas »


Non, non, non et non. Atlas savait que cela n’allait pas, il ne pouvait écrire ce genre de choses au risque de paraitre en manque de compagnie voir complètement désespéré. Pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agissait. L’unique et triste vérité, il se sentait seul et la présence humaine lui manquait. Cette solitude le pesait si bien qu’il se berçait d’illusion, s’imaginant que ces lettres pouvaient changer cette situation. Il avait pourtant conscience que l’homme qu’il avait rencontré plus tôt, Oldarik, ne s’intéressait qu’à Uruk et non pas à lui. Dans un sens, il s’agissait du scénario le plus cohérent : lors de leur première rencontre, il avait été horrible, comment pourrait-il s’intéresser à lui après ça, vouloir devenir son ami ? Il l’avait aperçu s’approcher dangereusement de son unique et fidèle ami, il ne pouvait savoir que ses intentions étaient pacifiques, il se sentait pourtant honteux et soucieux de ce que l’autre pensait dorénavant  de lui. Chaque nouvelle rencontre lui faisait perdre le sens des réalités, ce qui était le mieux pour lui. Il devait mettre fin à cette échange avant qu’il ne finisse par s’attacher à ces tâches d’encres posées sur le papier. Prendre de la distance, le seul et unique moyen qu’il connaissait pour ne pas s’attacher et ne pas souffrir.  
 
À contrecœur, le brun jetait la lettre qu’il avait finie d’écrire, s’envolant et atterrissant au pied d’une porte laissée ouverte, celle de son atelier. Une soudaine envie de peindre lui vint à l’esprit. Bien que la pièce soit grande, une enivrante odeur de peinture et de bois couvrait l’endroit. Les espaces imposants nourrissaient en lui une étonnante inspiration. De nombreuses peintures et croquis jonchaient les murs, toutes ses œuvres étaient présentes. Il avait également trouvé une petite place pour les dessins de son correspondant, il ne pouvait se résoudre à jeter un splendide travail comme celui-là. Il aimait réellement son coup de pinceau, « brillant » et « harmonieux » sont les mots qui lui venaient à l’esprit pour définir les œuvres de l’artiste. Le cas d’Atlas était différent, il n’a jamais montré son travail à personne. Chaque couleur, chaque trait, chaque forme qu’il peignait représentait ses émotions du moment, son être. Comment pouvait-il dévoiler quelque chose d’aussi personnel à un inconnu ?

Il répandait sa résistance intérieure sur la toile, ce combat entre ces solides lignes blanches solitaires abandonné sur un sombre désert d’ébène. Une surface pensée géométrique dominée par la raison, une organisation claire et réfléchie. Dans l’autre partie de la toile se trouvent ces projections aux couleurs multiples, mélangées et fusionnant pour laisser éclore un produit nouveau. Les courbes qui se croisent et bifurquent encore et encore, laissant apparaître des formes à l’avenir incertain. Une excitante aventure se tissait au dénouement douteux. La souffrance comme l’extase pouvait en être l’épilogue. Ce dilemme se présentait au brun. La solution parait simple pour certains, mais infernal pour le jeune homme. Il a de nombreuses fois été confronté par ce choix dans le passé mais il a toujours fini par choisir la raison, la solution de facilité, la partie noire du tableau. Lorsque le doute venait, il se remémorait cette phrase


« Le prix de la liberté, c’est la solitude »
chuchotait-il.



Il reposa le pinceau avant de s’asseoir à terre, devant l’œuvre  qu’il venait d’achever. La tête entre ses jambes, il réfléchissait comme à chaque fois. « Que devais-je faire ? »  Résonnait dans sa tête en boucle. Il avait réellement envie d’en apprendre davantage sur  ce garçon, un garçon qui n’en avait rien à faire de lui. Ces échanges devaient paraitre anodins pour lui, mais pour Atlas c’était vraiment nouveau, exaltant, rafraichissant, sucré. Il n’avait jamais entretenu de correspondance avec quelqu’un, c’était la première fois. En fait, il s’agissait même des premiers vrais échanges avec quelqu’un depuis longtemps, c’est bien pour cette raison qu’il était dans tous ses états.
Arriva alors le moment fatidique, celui où il fit un choix. L’unique possibilité qu’il vit, la solution à faire pour cette fois-ci. Il savait qu’il finirait par la regretter amèrement, parmi l’éventail de possibilité il avait choisi celle-là. Oui, celle-là…



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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyJeu 7 Sep - 23:59

Le prix de la liberté est la solitudeIci, tout était différent. C’était justement ce qu’aimait Oldarik. De part toute cette verdure, par le mode de vie, et les villes et villages étaient dans des arbres ! C’était une chose incroyable, une chose qu’il n’avait jamais vu avant de venir ici. C’était une chose absolument fantastique. Cette fois, le jeune homme avait pris le temps pour s’arrêter et dessiner ces merveilleux paysages qui s’offraient à lui, ces scènes de villes totalement ahurissantes qu’il n’aurait jamais pensé voir un jour. Il y avait là un vent de liberté, un souffle de bonheur. Où tout du moins, c’était exactement ce qu’il ressentait en étant à Alon. Son manteau en peau de loup bien caché dans son gros sac de cuir emprunter au marchand qui l’avait déposé en ville, il ne laissait rien paraître sur ses origines Nordiques. Il ne devrait pas être là. Certes depuis que Karrah était à la tête du clan, les choses étaient un peu moins tendues entre Orketa et Kelowna, mais cela restait dangereux. Et son premier voyage lui avait appris à faire attention et à ne pas trop dire d’où il venait sous peine de se voir tuer. La mort en elle-même ne l’effrayait pas, ce qui l’ennuyait le plus était bien que son voyage ne prenne fin plus vite que prévu. Depuis que son clan avait changé de chef, Oldarik avait prit une décision : voyager. Il avait tenté une première fois au début de l’année de sortir du territoire Kelowniens, juste pour voir le monde, ça n’avait duré qu’une quinzaine de jours, trois semaines en comptant le voyage retour. Son retour prématuré avait surtout été une question de sécurité, il n’était pas assez préparé pour le voyage. Cela n’avait pas empêché qu’il avait une rencontre. Et c’était bien pour cela qu’il était revenu à Alon. Pour voir cette personne. Ce jeune homme répondant au nom d’Atlas.

Après son premier voyage, il avait commencé à lui envoyer des lettres, accompagnés de ses dessins, voulant prendre des nouvelles du louveteau qui accompagnait Atlas, mais aussi de ce dernier. Même si lors de leur rencontre, les choses avaient été assez… houleuses, il l’appréciait. Le jeune Kelownien comprenait aussi ses réactions. Quand il avait aperçu Uruk parmi toutes les personnes présentes, il s’était précipité vers l’animal, freinant avant de l’effrayer et se mettant à son niveau pour lui faire sentir sa main. Depuis son rite de passage, depuis qu’il avait commencé à voir la Nature autrement, Oldarik avait eut une réelle passion pour les loups, devenant tout bonnement incapable de leur faire le moindre mal. Et ce tout petit avait attiré son œil. Ce qui avait inquiété son maître, le plus naturellement du monde. Mais lorsque le Kelownien avait croisé les magnifiques yeux d’Atlas, ça avait pris une toute autre tournure. C’était encore difficile pour lui de l’expliquer, mais du peu qu’ils avaient échangé, de ce qu’ils avaient en commun, il lui était devenu difficile de ne pas songer à le revoir. Une chance pour lui s’était offerte quelques jours auparavant, il n’avait pas hésité une seule seconde. Ça et le fait que Muire, la Shaman Kelownienne dont il voulait devenir le disciple, lui avait dit de revenir d’ici quelques mois. C’était l’occasion pour lui de pouvoir revoir le jeune guérisseur, et son louveteau. Surtout qu’il n’avait pas eu de réponses à sa dernière lettre, peut-être s’était-elle perdue ?

Oldarik demanda aux gens de la ville s’ils savaient où habitaient Atlas, ne connaissant de toute évidence pas la ville, et les souvenirs de sa visite précédente étaient certes vieux de deux mois, mais ils restaient flous. Il le fit à trois reprises jusqu’à trouver enfin ce qu’il cherchait, le cabinet médical du jeune Orketien. Prenant une profonde inspiration, secouant ses boucles brunes, le jeune homme mit quelques temps avant de se décider à frapper à la porte du cabinet. Le guérisseur ne s’attendait pas à le voir, est-ce qu’il serait seulement ravi de le voir ? Difficile à dire. Dans ses lettres, il était toujours très distant avec lui, presque froid. Une assez grande ironie quelque part. Mais pour autant, Oldarik ne s’était pas laissé démonter pour autant.

« Atlas ? Tu es là? »

Le cabinet était silencieux. Peut-être que le propriétaire des lieux était en ville ? L’attendre dedans serait une assez grande impolitesse dans ce cas. Ou peut-être qu’il était à l’intérieur, mais occupé ? Faisant le tour de la pièce, Oldarik l’appela encore jusqu’à trouver une porte entre ouverte. Il serait plus correct encore une fois de ne pas entrer. Sauf que le jeune homme était curieux. Très curieux. Avançant doucement, il fini par remarquer quelque chose par terre. Se mordillant la lèvre, et regardant autour de lui pour s’assurer que personne ne le verrait faire, le Kelownien ramassa ce qui semblait être une lettre. Lui étant adressé. Oh. La sienne ne s’était donc pas perdu en chemin. Il la glissa dans sa sacoche pour continuer ensuite son exploration, poussant juste un peu la porte dérobée. Sauf que celle-ci grinça pour signaler son mécontentement d’être touchée. S’écartant aussitôt, Oldarik n’aperçut que brièvement une silhouette dans la pièce et se sentit en faute d’être entrer ainsi sans y être invité.

« Pardon, pardon ! La porte de ton cabinet était ouverte, et… euh… je suis désolé, je n’aurais pas dût entrer… Je t’ai appelé… Tu n’as pas entendu? »

Il ne savait plus où se mettre. Non pas parce qu’il pensait avoir vu quelque chose qu’il ne devrait pas voir, mais parce qu’il se trouvait chez une personne qui ne l’avait pas invité. Son ignorance total pour les coutumes du clan Orketa jouait aussi beaucoup sur son mal aise. Mais peut-être aussi le simple fait de voir Atlas le mettait dans tout ses états.
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptySam 9 Sep - 5:10

Le prix de la liberté
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Arriva alors le moment fatidique, celui où il fit un choix. L’unique possibilité qu’il vit, la solution à faire pour cette fois-ci. Il savait qu’il finirait par la regretter amèrement, parmi l’éventail de possibilité il avait choisi celle-là. Oui, celle-là…rompre tout contact assurait une existence truffé de regrets mais une vie sans remords. Une lutte envers ses désirs, cette perversion qui envahissait son esprit. Une seule et unique fois qu’ils s’étaient vu, le plus vieux ne le connaissait absolument pas, il ne pouvait s’être attaché à lui, il ne souffrirait pas. N’est-ce pas ? Il ne voulait pas lui faire de mal. De plus, il ne pouvait proférer de mensonge envers l’ainé, il n’en saisissait pas l’intérêt. Est-ce mieux de souffrir par une vérité ou préserver un faux espoir par manque de courage ? La franchise bien entendu. C'est pour cela qu'il se devait d'écrire une nouvelle lettre où il expliquerait la fin de leurs échanges. Sa décision lui brisait le cœur, mais il savait que c’était pour son bien.

Soudainement, le progressif grincement d’une porte réveilla les sens qui s'étaient temporairement endormi. Il se releva instantanément, se tournant vers l’intrus qui avait osé pénétrer son repère en l'absence de son approbation.  Une dangereuse colère s’empara de lui. S’introduire dans ses appartements en plus de le déranger lors d’une importante réflexion était impardonnable.


« Qui est-ce ? »


Ce fut agressif, brutal. Une tranchante intonation saupoudré d’une pincé de curiosité. Curieux de savoir qui pourrait avoir la sotte idée de le provoquer ainsi. Elle ne fut malgré tout pas rassasiée après la réponse de l’importun, il ne reconnaissait pas la voix et ne distinguait qu’une silhouette depuis sa position. Il savait seulement que c’était un homme et qu’il ne venait pas d’ici, l’accent ne lui évoquait rien. Il se dirigea vers sa proie de même qu’agirait un prédateur, mais cela ne se déroulait pas comme il l'avait prévu. Électrique. Lorsqu’il plongea son regard dans celui du Kelownien, il s’arrêta un moment, parcouru d’un étrange frisson. La colère se transforma en peur, en joie, en doute, en espoir.


« Toi… ?»


Il ne s'attendait pas à sa venu. Le plus âgé avait probablement remarqué qu’il peignait, d’autant plus qu’un léger soupçon de peinture rose dragée se situait sur sa barbe, à la commissure de ses lèvres ainsi que du bleu ciel sur le front. Il n’était absolument pas présentable. Lorsque le jeune peignait, il ne faisait pas attention au monde qui l’entourait ni même aux tâches qui pourraient se répandre, absorbé par sa passion. Bien entendu, il enfilait un vieux vêtement qui lui servait uniquement pour ces occasions. Le blanc originel laissait dorénavant place aux nombreuses couleurs infinis déversés sur les toiles que peuplait l’endroit. Il se replia sur lui-même, croisant les bras en signe de défense. L’opinion du plus grand l’inquiétait, s’il se moquait de ses peintures, ce serait se moquer de ses sentiments. De plus, le plus vieux pouvait facilement trouver ses propres dessins accrochés au mur devant lui. Dernière chose, celle qui l’inquiétait le plus, sa dernière toile se trouvait en plein milieu de la pièce, délicatement dressée sur le chevalet, et cette toile fut créee alors qu’il pensait à Oldarik. Il ne pouvait le laisser voir ça, mais c’était probablement trop tard, bien qu’il ne saisirait pas l’enjeu qui s’y déroulait ni même qu’elle lui était destinée.


« Tu n’étais pas censé voir cette pièce, personne n’est censé la voir.
Pourquoi es-tu là ? »


Sa voix fut légèrement plus calme qu'avant, bien que sur la défensive. Elle laissait pourtant trahir une certaine anxiété.  Il se demandait si le nordique n’était pas masochiste. Cela faisait maintenant 3 fois qu’il tendait le bâton pour se faire battre. La première fois lors de leur rencontre, la seconde en lui envoyant des lettres et maintenant en pénétrant son atelier. Un élan de stupidité se produisit brièvement dans son esprit : peut-être que s’il était méchant avec lui continuellement, il finirait toujours par revenir et alors il ne serait plus jamais seul ? Seulement, l’orketien n’était pas de nature malveillante, comment pourrait-il être abject juste pour le garder auprès de lui ? Inconcevable. Rien que l’idée le dégoutait.
Une autre pensée plus importante lui vint cependant en tête. Il l’examinait de plus près, évitant son regard. Il étudiait rapidement chaque parcelle de sa peau, chaque trou anormal dans ses vêtements, la moindre couleur rouge. Il ne put s’empêcher de penser que cette tenue plus légère lui allait bien. Il se souvient de la première fois qu’ils s’étaient vus, l’horrible manteau en peau de loup l’avait marqué, cela n’avait en rien arrangé le fait de le voir s’approcher de son animal. Atlas se demandait si ce qu’il cherchait se trouvait peut-être caché sous ces fameux vêtements.


« Es-tu blessé ? »


Cette fois-ci, il n’y avait plus aucune trace de colère, seulement une évidente inquiétude.  




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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyMer 13 Sep - 0:27

Le prix de la liberté est la solitudeIl se sentait vraiment coupable d’être entré comme ça de cette façon, surtout après avoir entendu le ton de la voix d’Atlas qui semblait être vraiment furieux après lui. Il se serait bien confondu en excuse, serait sorti immédiatement pour montrer qu’il ne cherchait pas à mal, mais Oldarik était incapable de parler ou même de bouger depuis qu’il avait retrouvé le regard si bleu et si profond du jeune homme. Comme à chaque fois qu’il croisait son regard en réalité. Tout ce qu’il était ici capable de faire était d’ouvrir et de fermer la bouche en essayant de trouver les bons mots qui pourrait apaiser l’Orketien et lui faire comprendre qu’il ne voulait aucunement le déranger. Mais quand ses yeux n’étaient pas plongés dans ceux du plus jeune, ils divaguaient sur le reste de sa personne, sur les traces de peinture qu’il avait sur la peau et dans la barbe, sur sa tenue qui laissait à penser que c’était celle qu’il portait quand il peignait. Et que donc il était en train de peindre quand il l’avait dérangé. Se mordant la lèvre, le Kelownien fini par détourner le regard en passant une main sur sa nuque, fixant plutôt le sol alors qu’Atlas venait d’affirmer ce qu’il redoutait, il n’avait pas le droit de voir ce qu’il y avait dans cette pièce.

« Je suis vraiment désolé… Je te jure que je ne voulais pas te déranger… je voulais juste savoir si tu étais là ou pas… et comme la porte du cabinet n’était pas fermée... »

Oldarik répétait exactement la même chose, tout simplement parce qu’il n’avait pas de meilleure excuse, il ne voulait pas lui dire que c’était sa curiosité qui avait prit sur les bonnes manières et qu’il était entré ici comme si c’était chez lui. Et puis, à Kelowna, du moins dans l’environnement dans lequel il avait grandit, on rentrait chez les gens sans vraiment prendre la peine de vérifier s’ils étaient là ou non, ni si ça les dérangeaient de débarquer comme ça. C’était une mauvaise habitude qu’il chassait du mieux qu’il pouvait cela dit. Et à présent, il ne pouvait pas lui dire qu’il avait dans son sac lettre lui étant adressé mais qu’il n’était sans doute pas supposé lire. S’il faisait ça, c’était certain que le jeune guérisseur ne voudrait plus le voir chez lui. Alors qu’il allait essayé de reprendre la parole pour tenter d’expliquer la raison de sa présence ici-même, Atlas parla de nouveau, mais cette fois-ci avec une inquiétude désarmante et un regard perturbant sur lui. Blessé ? Oh. Oui, exact. C’était une raison valable pour venir le voir, bien que cela ne justifie pas tous ces kilomètres parcourus pour une blessure. Il fini par sourire, se détendant quelque peu, faisant un tour sur lui-même pour lui prouver ses dires.

« Non, non, pas du tout ! Je vais très bien, je ne suis pas blessé. En fait… je fais tout ce chemin, pour te voir. C’est stupide de ma part, les lettres mettent du temps à arriver entre nos deux clans, mais ça m’inquiétait de ne pas avoir eu de réponses et…. j’avais envie de te voir tout simplement. J’espère que… ça ne te dérange pas. Je me disais que… comme tu es le seul vraiment avec qui je suis en contact dans un clan étranger, je pourrais voyager un peu, découvrir un peu ta culture et ton clan… Et passer un peu plus de temps avec toi. Je suis mieux préparé que la dernière fois, je peux rester quelque temps à Alon avant de rentrer à Kelowna. Encore une fois, si ça ne te dérange pas. »

Pendant le voyage, Oldarik n’avait pas réellement réfléchi à comment est-ce que les choses pourraient se passer, ni à l’accueil qu’allait lui faire le jeune Orketien. Est-ce qu’il allait seulement être content de le voir ? Et là, on ne pouvait pas dire qu’il avait fait une belle entrée en matière. Dans sa tête, il s’était dit que c’était un excellent moyen de pouvoir communiquer avec lui sans avoir à attendre presque des semaines pour avoir une réponse. Et aussi pour mettre un mot sur ce qu’il se passait dans sa tête en ce qui le concernait. Avoir un ami comme Atlas était une chance incroyable, chez lui, il n’y avait personne de semblable. En fait, quand il était avec le guérisseur, il ne se sentait plus comme l’Etrange, il n’avait plus rien d’étrange dans sa personne. A part un détail près effectivement, mais Atlas était comme lui, il aimait l’art, dessiner et la peinture, il semblait proche de la nature, ou tout du moins des animaux, et surtout de son louveteau, ils avaient beaucoup de choses en commun. Passer du temps avec quelqu’un qui le comprenait, voilà en réalité ce qu’il voulait. Ça et le fait qu’il se sentait relativement mieux à Orketa qu’à Kelowna.

Déglutissant, un sourire timide sur les lèvres, le jeune Nordique se détourna pudiquement de la pièce, toujours dans le but de faire pénitence et préféra poser son regard sur le reste de la maison, même s’il aurait très largement préférer reposer les yeux sur le plus jeune.

« Si tu veux, je peux sortir… Et attendre que tu ne sois plus fâché après moi. Ou je peux rester dehors avec Uruk et attendre que tu ais fini… de peindre. Sauf si tu attends des patients, si je peux repasser plus tard. »
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyLun 18 Sep - 22:49

Le prix de la liberté
Atlas & Oldarik
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An 150, milieu du troisième mois


Il écoutait attentivement le monologue du nordique, si bien qu’à la fin il ne répondit pas. Il… souriait, comme un enfant. Il se trouvait actuellement vraiment très très stupide, mais dans le même temps, le guérisseur éprouvait du bonheur. Il avait dit qu’il allait bien. Il avait dit qu’il s’inquiétait. Il avait dit qu’il avait envie de le voir. Tout ça l’avait réellement touché, bien plus qu’on pouvait l’imaginer, lui qui n’a pas l’habitude. Atlas ne pouvait saisir comment le bel homme en face de lui pouvait s’intéresser un tant soit peu à lui et ce qui le troublait davantage, c’est qu’il semblait dégager une certaine sincérité dans ses paroles. Cela lui paraissait pourtant impossible, pas qu’il soit du genre à se rabaisser lui-même mais quand même, il s’agissait là d’un cas unique qu’Atlas ne pouvait soigner : il ne savait pas guérir le psychique.

Adorable, il le trouvait vraiment adorable quand il s’exprimait. Il s’en voulu de lui avoir crié dessus plus tôt, surtout après qu’il ait fait tout ce chemin pour le voir. Aussi, il fut soulager d’entendre qu’il n’arborait aucune blessure, bien que l’orketien avait froncé les sourcils et jeté un dernier regard, par précaution. Il avait tiqué sur sa dernière phrase, se demandant où logerait le kelownien, bien entendu la logique voudrait qu’il l’héberge et cela ne le dérangerait pas, l’endroit était plutôt grand puis il n’allait pas le mettre à la porte, la cruauté et le sadisme ne se présentaient pas en lui.

« Si tu veux, je peux sortir… Et attendre que tu ne sois plus fâché après moi. Ou je peux rester dehors avec Uruk et attendre que tu ais fini… de peindre. Sauf si tu attends des patients, si je peux repasser plus tard. »

La joie d’Atlas avait soudainement disparu. Sa mine devint grave, accablé par le remord. Il détruisait absolument tout ce qu’il touchait, emporté par ses craintes et ses peurs. Le plus vieux était si gentil et pourtant, le jeune avait été ignoble. Cette souffrance intérieure le poursuivait depuis des années, mais la réaction d’Oldarik avait enclenché une sorte de déclic. En repoussant tout le monde, il avait fini par devenir celui qu’il haïssait, celui qui abandonnait les autres. Il se demanda pour la première fois s’il n’était pas en tort et s’il devait lui laisser sa chance. Etrangement, il voulait contempler son regard aujourd’hui encore et peut-être demain, peut-être même après demain. Seulement, il avait l’impression d’un coup de l’avoir perdu, que cette possibilité était gâché. Une sorte de paranoïa l’envahit, est-ce qu’il l’évitait ? Etait-ce trop tard pour rattraper la situation ? Cela faisait une bonne quinzaine de seconde qu’il n’avait toujours pas répondu, plongé dans ses obscures pensées. Il voulait lui dire qu’il n’était plus fâché, qu’il souhaitait que le Kelownien reste auprès de lui et n’aille pas dehors, qu’il n’avait aucun patient et que même si c’était le cas, il pourrait fermer le cabinet juste pour rester un peu avec lui.

« Non ! »

Ce fut la seule chose qu’il réussit à prononcer, pris d’une brusque bouffé de chaleur et du stress qui venait de naître précipitamment, provoqué par la peur de le perdre alors qu'une quinzaine de minutes plus tôt, il avait décidé de couper les ponts. Il prit quelques seconde pour laisser redescendre tout ça, prenant une grande inspiration avant de continuer, suppliant.

« Ne sors pas, s’il te plait. Reste ! »

Il était confus. Venait-il réellement de l’autoriser à entrer dans sa pièce? Une part de lui était curieuse, se demandant comment il allait réagir. Il décida de s’ouvrir à lui, pour cela lui présenter sa pièce était le meilleur moyen. Il ne se reconnaissait pas, pourquoi faisait-il ça ?

« Je te présente… mon atelier, comme tu as dû le comprendre, tu… tu es le premier. Le premier à pouvoir le voir… »

Ses mots hésitants venaient de son appréhension. Savoir ce qu’il pensait était vraiment important même si c’était bien trop rapide à son goût. Néanmoins, s’il voulait que cette relation marche, il devait faire un effort. Oui, il souhaitait tisser une relation et si elle mène à un échec, alors il ne s’ouvrirait plus à personne. Il ne sait même pas comment il serait après ça. Comment allait-il réagir face au tableau fraichement fini ? Face à toutes ses œuvres ? Face aux propres dessins d’Oldarik accrochés sur le mur ?




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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyMar 19 Sep - 23:42

Le prix de la liberté est la solitudeTrès sincèrement, Oldarik était prêt à attendre que la colère du guérisseur Orketa se calme, et pour ça donc de se poser quelque part sagement, il en profiterait même sans doute pour faire de nouveaux dessins, des dessins d’Alon qu’il n’avait pas vraiment eu l’occasion de faire lors de son premier voyage. Il était bien conscient que ce n’était pas des façons d’entrer comme ça chez les gens, même si on appréciait énormément ces dits-gens. Aussi, quand Atlas reprit la parole, son ‘non’ pour ainsi dire venant du cœur, égoïstement, il se sentit heureux. Parce qu’il n’avait pas l’air de lui en vouloir, plus maintenant en tout cas. Ce ‘non’ lui fit alors retourner la tête vers lui, et le simple fait de voir le jeune homme dans un certain état de confusion lui donna envie de poser une main sur sa joue pour le rassurer, l’apaiser. La suite de ses paroles ne fit que le rassurer d’avantage maintenant qu’il lui demandait de rester avec lui, peut-être un peu précipitamment. Est-ce qu’il avait peur qu’il s’en aille ? Fronçant légèrement les sourcils, le Kelownien se rapprocha d’un peu, comme pour lui assurer qu’il n’allait pas bouger, se sentant un peu coupable de le mettre dans cet état. Et finalement, il lui posa une main sur l’épaule, la serrant doucement.

« D’accord, je ne pars pas, ne t’inquiète pas. »

Cette main qu’il retira peut-être un peu vite, mais surtout parce qu’il ne savait pas si c’était un geste qu’Atlas allait accepté, étant lui-même assez peu habitué aux contacts physiques. Et pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui manquait de pouvoir avoir des contacts avec l’Orketien, sans aucune arrière pensée, bien sûr. C’était assez difficile pour lui de s’avouer déjà qu’il avait envie que quelqu’un franchise son espace personnel, cette distance qu’il conservait toujours avec les gens pour sentir réellement la chaleur de la personne. Et pourtant, quelque part, il ne ressentait pas de gêne à cela. C’était assez difficile à expliquer, disons simplement que sa réticence à être toucher n’existait plus avec le jeune homme. Quand ce dernier lui permit en réalité d’entrer dans son atelier, d’admirer ce qu’il avait interdit jusque là à quiconque, Oldarik se sentit chanceux, heureux et favorisé. C’était lui que le guérisseur laisser voir ça en premier. Souriant de nouveau, il fit un pas de plus pour pouvoir observer la pièce sans pour autant franchir le seuil, ne voulant cette fois ne pas commettre de bévue.

Cet atelier était tout simplement génial. Tout ce dont Oldarik avait toujours rêvé d’avoir enfant, tout ce qu’il ne pouvait de toute façon se permettre d’avoir dans sa cabane tordue, y était. Beaucoup de place, un bon nombre de peintures et de pinceaux, absolument tout pour se perdre des heures et des heures dans les couleurs et les dessins sans se préoccuper du reste. Son regard s’attarda un moment sur le matériel qui se trouvait là, notant quelque part dans son esprit qu’il devrait trouver un endroit pour se fournir lui aussi de toutes ces choses, puis enfin, il se posa sur quelque chose qui lui était familier. Ses dessins. Les dessins qu’il s’était permis d’envoyé à Atlas dans ses lettres en espérant qu’il lui ferait plaisir. Ils étaient tous là, accrochés dans l’ordre dans lequel il les avait envoyé. Son sourire se fit encore plus large alors qu’il réalisait que le guérisseur lui offrait une telle place dans son antre, son repère. Le Kelownien tourna la tête vers lui, sentant son cœur faire des bonds dans sa poitrine alors que l’idée qu’il avait là la chance de pouvoir lier réellement des liens avec quelqu’un se faisait dans sa tête.

« C’est superbe, vraiment. Je t’envie presque d’avoir un endroit comme ça chez toi... »

En fait, il était énormément surpris que l’Orketien trouve le temps de pouvoir se laisser aller à sa passion comme ça alors qu’il avait pourtant un travail très important. Lui qui passait son temps à faire de son mieux pour avoir suffisamment à manger, pour pouvoir avoir le minimum de survie, cette anarchie dans son quotidien étant lié à son manque de poste concret et utile dans son clan, il n’était surtout rien d’autre qu’un vagabond. Bien que cela pourrait bien changer bientôt grâce à Muire. Il était pour ainsi dire impressionné. Et curieux de savoir comment les choses se passaient à Orketa. Oldarik montra du doigt un de ses dessins, son sourire devint légèrement plus taquin à présent.

« J’avais peur que tu n’aimes pas, mais je suppose que j’avais peur pour rien. Je suis content que ça te plaise et que tu les ai gardé. D’habitude les gens ne conservent pas les dessins ou les portraits que je leur fais, ce n’est pas ce qu’il y a de plus important et le plus de valeur, disons. »
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyJeu 21 Sep - 5:42

Le prix de la liberté
Atlas & Oldarik
My life is just one constant battle between wanting to be alone, but not wanting to be lonely




An 150, milieu du troisième mois


Le kelownien avait posé sa main sur l’épaule de l’orketien, provoquant un sursaut et un léger mouvement de recul venant de ce dernier. Ce n’était pas violent, il l’avait effectué doucement, mais certaines choses étaient encore trop tôt. Atlas ne pouvait qu’espérer qu’il ne lui en tienne pas rigueur et qu’il comprenne. Le seul contact physique qu’il effectuait avec les autres humains était avec ses patients, cela étant bien évidemment nécessaire. Il fut cependant rassuré de voir que son éventuel « futur potentiel ami » n’avait pas pris la fuite, qu’il était resté. Il ne comprenait toujours pas sa propre réaction d’ailleurs, s’être laissé submerger par cette émotion qu’il connaissait peu. Son esprit de scientifique voulait saisir la raison de cette apparition soudaine, pourquoi il avait soudainement eu peur de perdre Oldarik alors qu’il ne le connaissait même pas, mais il n’en trouva rien.

Alors que le voyageur explorait le lieu, le guérisseur décortiquait les réactions de son visiteur, anxieux. Il s’imaginait un tas de scénario comme quoi il était horrifié par exemple. Il imaginait l’expression de dégoût s’afficher sur le doux visage d’Oldarik. La peinture était effectivement l’un des sujets où il ne pouvait avoir confiance en lui. Personne ne lui avait appris, il projetait naturellement la peinture sur la toile de manière autodidacte. Pouvait-il réellement faire confiance à l’avis de son invité lorsqu’il disait que c’était superbe ? Dissimuler la vérité pour ne pas le blesser était une solution envisageable après tout. Lorsqu’il exprima également son envie d’avoir un endroit comme celui-là, une idée émergea alors dans son esprit : il ne voyait pas de problème à ce qu’il utilise son atelier, le principal problème étant maintenant réglé, celui de montrer ses toiles. Il avait dit rester plusieurs jours ce qui signifie qu’il pourrait facilement trouver une occasion. Oldarik parla une nouvelle fois avant qu’Atlas puisse faire de même, pointant du doigt l’un de ses propres dessins.

« J’avais peur que tu n’aimes pas, mais je suppose que j’avais peur pour rien. Je suis content que ça te plaise et que tu les ai gardé. D’habitude les gens ne conservent pas les dessins ou les portraits que je leur fais, ce n’est pas ce qu’il y a de plus important et le plus de valeur, disons. »

C’est bien l’une des raisons pour laquelle il n’avait jamais montré ses tableaux à autrui, ou du moins jusqu’à maintenant. Comment des gens osent-ils jeter des dessins ? Et surtout ceux d’Oldarik ? Incompréhensible. Le comportement égoïste et insensible des gens l’avait toujours dégoûté. Il pensait aux temps qu’avait consacrés le plus vieux, aux espoirs et attentes qu’il avait pu avoir en offrant ses œuvres. Il voyait tout ça abîmer par ces individus et ça l’irritait. Il ne voulait pas casser l’ambiance une nouvelle fois en révélant ce qu’il pensait, mais son appétit de franchise le forçait.

« Bien sûr que j’aime ! Ces gens comme tu dis ont probablement des étrons à la place des yeux. C’est le genre de personnes égoïstes qui ne comprennent pas le vrai prix de ces dessins et c’est plus important que l’argent. Ils ont de la valeur à mes yeux, beaucoup de valeur. »


Il n’avait clairement pas réfléchi en lui répondant, laissant exprimer sa spontanéité et ce qu’il pensait réellement. Il ne regrettait pourtant aucunement les mots qu’il venait de prononcer. Il assumait particulièrement sa dernière phrase, voulant l’encourager par la même occasion. Si ça pouvait le rendre heureux de lui dire la vérité, il n’allait pas non plus se gêner. Atlas appréciait voir et participer au sourire des gens autour de lui, bien que l’idée de tisser des liens avec ces mêmes sourires ne lui ait jamais donné envie. Il savait très bien qu’il s’attachait vite au gens, bien trop vite et il ne voulait pas ça. Seulement, il n’avait pas encore compris qu’il s’était déjà attaché à ce garçon, ce qui expliquait ses réactions insensés depuis tout à l’heure.

« Ecoute, sers-toi de mon atelier ces prochains jours si cela te fait plaisir et si cela ne te dérange pas d’être entouré de mes créations, je n’y vois pas d’inconvénient. D’ailleurs je me demandais où tu loges, dans la petite auberge au bout de la rue ? J’ai une pièce avec quelques lits pour mes patients alors il serait idiot que tu payes, puis je te dois bien ça pour compenser le trajet. »


Il n’y avait aucune arrière-pensée derrière cette proposition bien qu’il ne puisse nier qu’Oldarik était attirant. Cela était toutefois naturel, puis il ne lui venait pas à l’esprit qu’il puisse un jour se passer autre chose qu’une futur potentiel amitié, d’autant plus que le kelownien préférait vraisemblablement la gente féminine. Atlas craignait qu’il vienne à s’imaginer autre chose par cette petite insistance, il ne souhaitait pas créer de malaise Il ne savait pas non plus si cela était normal de faire ce genre de proposition, lui qui n’a pas une grande connaissance des normes sociales.





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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyVen 22 Sep - 20:15

Le prix de la liberté est la solitudeLa réponse d’Atlas fit hausser un sourcil à Oldarik, ne s’étant pas attendu à une réponse si… sortie du cœur elle aussi. Il se pinça légèrement les lèvres en reposant son regard sur lui.

« Et bien… à Kelowna, il n’y a pas grand monde qui s’encombre de dessins. Et je ne leur en veux pas pour ça, c’est comme ça que les choses marchent chez nous. Ce n’est évidemment pas tout le monde qui est comme ça, mais c’est… notre culture qui est ainsi. »

Une partie de lui-même rêvait de parler de son clan comme d’un clan auquel il n’appartenait pas mais qu’il connaissait bien, sauf que les gens ne cessaient pourtant de lui rappeler que c’était bel et bien son clan, qu’il était né là-bas, qu’il venait de là-bas. Aussi, voir que ses dessins finissaient toujours dans le feu, il n’en éprouvait pas de chagrin. Plus maintenant. De nombreuses fois sa mère avait fait ainsi, certes après l’avoir félicité pour ce qu’il avait fait, parce qu’elle reconnaissait qu’il était capable de faire des choses très belles que le reste de la famille ne pouvait pas faire. Au début, ça avait été douloureux, mais à force d’explications, et de temps, la douleur s’était évanouit. C’était pour ainsi dire normal. Et puis, avec le temps, il avait fini par ne plus donner ses dessins, tout simplement. Mais Atlas, c’était différent. Il avait envie de lui faire partager ses ‘œuvres’, de lui montrer ce qu’il faisait, ce pourquoi on le disait doué. Et parce que c’était la seule chose qu’il pouvait partager. C’était après tout grâce à ça qu’il avait pût survivre au début après s’être fait chasser de chez lui. Que donc le guérisseur voit la valeur dans ses dessins, qu’il les affiche, et qu’il les aime, c’était hautement fort pour Oldarik. Qui se disait que pour plusieurs raisons, il allait peut-être bien rester plus longtemps que prévu à Alon. Raisons qui tournaient un peu aussi autour du plus jeune.

Avant de pouvoir ajouter quoi que ce soit, ce dernier lui proposa donc de servir de son atelier pour ainsi dire, et par la même occasion de lui offrir le logis. Encore une fois, il n’avait réfléchi à rien en partant, il avait juste saisi sa chance, et pour le reste, il aurait vu sur place. Après tout, c’était dans sa nature d’apprendre à se débrouiller, dans la nature de tous les habitants du Nord en fait, c’était ça aussi sa force. Après avoir dormir en pleines terres glacées dans un vieux tronc d’arbre, il n’avait pas non plus peur de dormir dehors, dans une ville dans les arbres. Il n’avait absolument pas prévu d’abuser de l’hospitalité de qui que ce soit sur ces terres, et encore moins de celui qui se rapprochait le plus d’un ami. Sa proposition était extrêmement généreuse, et très inattendue, si bien que le Kelownien ne sut quoi répondre. Il ouvrit et ferma la bouche plusieurs en cherchant ses mots avant de parvenir enfin à répondre :

« Oh… tu sais… il ne faut pas t’embêter, je peux très bien me débrouiller. Enfin, il n’y a aucune peine, j’ai très bien voyagé et tu n’as pas à vouloir te… sentir obligé de m’accueillir chez toi. Surtout que ça pourrait te poser problème avec tes patients ou ton entourage. »

L’auberge. Il y avait cette possibilité aussi, mais… Oldarik n’avait pas forcément envie d’être plongé au milieu de gens qui pourraient l’associer à Kelowna et qui pourraient lui chercher querelles. L’ivresse échauffe les esprits, et il n’avait pas envie de se retrouver mêler à des problèmes sur un territoire hostile. Le mieux était de toute façon de se trouver un coin à la belle étoile, et c’était ce qu’il préférait de toute façon pouvoir observer les Orketiens vivre leur quotidien, il allait pouvoir être dans la ville et en même temps en pleine nature, c’était une chance incroyable. Sauf que… son but était quand même de passer du temps avec Atlas. Et être logé sous son toit était une chance quand même insolente. Se laissant donc un temps de réflexion, et laissant au jeune homme le temps d’évaluer lui-même la proposition faites avec ce qu’il venait de lui dire, Oldarik fini par entrer dans l’atelier afin d’avoir une meilleure vue sur les œuvres du plus jeune. En particulier sur celle qui était encore sur le chevalet. Il n’y avait pas de forme précise, ce n’était que des couleurs, une association de couleurs pour être exact, une chose qu’il ne faisait en réalité jamais, étant plus porté sur le dessin et la création de quelque chose, dans la réalité en fait. Lui qui était un rêveur, c’était assez ironique qu’il ne décide que des tranches de vies, des portraits ou des paysages. De temps en temps, il laissait ses crayons et ses couleurs partirent où ils le voulaient, mais l’abstrait n’était pas pour lui. Ce qu’il avait sous les yeux était lui parlait pourtant. Il pouvait sentir que ce n’était pas simplement des coups de pinceaux donnés au hasard comme ça. Derrière le geste, il y avait quelque chose. Oldarik trouvait cela particulièrement beau. Plus que les autres œuvres d’Atlas.

« J’aime beaucoup ce que tu as fait là. Et ce que tu fais en général. »
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyLun 25 Sep - 4:47

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An 150, milieu du troisième mois


Cette manière de penser, il ne l’avait jamais compris. Il ne comprenait pas pourquoi les gens voulaient autant se considérer appartenir à un clan ou un autre. Evidemment, Atlas vouait une allégeance à Nukka, sa chef de clan, dans un sens c’est normal, mais est-ce que cette allégeance était supérieur à celle qu’il portait pour l’Ipa, pour le chef pankara ou encore les nouveaux chefs qui entrerons dans l’alliance comme celle du kelownien ? Non, probablement pas. Est-ce que la culture de son probable clan de naissance lui semblait plus importante qu’une autre ou qu’une culture étrangère ? Probablement pas non plus. Il avait pour ainsi dire envie de lui poser une question après ces affirmations, mais il la garderait pour plus tard, pour le moment il voulait lui proposer de se servir de son atelier et de loger pour les prochains jours.

Lorsqu’il reçut sa réponse, il était déçu et cela se voyait. En réalité, si Atlas avait dit qu’il lui devait bien ça pour compenser le trajet, c’était plus pour forcer le nordique à accepter qu’un réel sens de l’obligation. S’il lui avait proposé, c’est bien parce qu’il le voulait sans quoi il ne l’aurait jamais fait. Il ne répondit pas immédiatement, observant le plus vieux entrer dans sa pièce et observer le tableau central, celui qu’il venait de finir. Il ne put s’empêcher de rougir lorsqu’Oldarik lui dit qu’il l’aimait beaucoup car le guérisseur savait la signification de la peinture et c’était gênant.

«Eh… euh... bien… d’une certaine manière il était pour toi. »

Il n’avait pas menti, puis il ne pouvait bien évidemment pas lui dire pourquoi, ni le sens des traits et des couleurs sinon il ne saurait plus où se mettre. Il se remit rapidement de ses émotions, il voulait encore lui dire ce qu’il pensait de sa proposition plus tôt, que l’autre avait tort de croire ça.


« Il faut que tu saches que ma proposition n’était pas par obligation, j’avais envie et aussi parce que … enfin bref. De quel entourage tu parlais ? Je suis seul, j’ai personne et ce n’est pas vraiment un secret. Puis de toute façon, les chambres ne sont plus très utilisées ces derniers temps, elles servaient surtout pour les blessés lors des attaques de… »

Il s’arrêtait un instant, comprenant sa bêtise : il ne voulait pas peiner Oldarik, qu’il se sente coupable pour son clan. Seulement, sa manière d’en parler indiquait qu’il semblait vraiment considérer appartenir à ce dernier, Atlas avait tiqué à l’entente des mots « chez nous » et « notre culture », il n’avait pas dit « là-bas « ou encore « la culture kelownienne », mais bel et bien une appartenance. Maintenant il devait assumer la phrase qu’il avait commencée, il n’avait encore une fois pas réfléchi et il regrettait. Il n’avait pas pour habitude d’avoir à dissimuler ce qu’il pense ou de faire attention à ses paroles.


«…Kelowna ».

Atlas pensait qu’il s’agissait du bon moment pour poser la question qu’il n’avait pas exposé tout à l’heure. Une question qui pourrait rassurer Oldarik sur ce qu’il pense au sujet de Kelowna, que le jeune ne possèdait pas une mauvaise vision de son clan d’origine qui semblait lui tenir à cœur, au contraire. Atlas a vécu plus de 15 ans dans une famille d’accueil, c’est peut-être pour cette raison qu’il pensait de cette manière différente : pour lui, appartenir à un clan était stupide : au final, nous sommes tous humains et c’est le plus important. La création du système de clan était à l’origine une erreur qui n’a fait qu’engendrer des tensions entre ces derniers, nous n’appartenons pas un clan mais à l’espèce humaine. Il ne lui laissait pas le temps de répondre qu’il continuait :


« Dis… tout à l’heure tu me parlais de ton clan. Tu ne t’es jamais dit qu’au final, nous n’appartenons pas simplement aux clans des hommes ? Orketa, Sengoli, Pankara, Kelowna au final nous sommes tous pareil. En tout cas c’est comme ça que je le vois»

C’est la seconde fois qu’Atlas souriait au jeune homme, mais derrière celui-là se trouvait un désir évident de le protéger. Il n’aurait jamais dû dire ça plus tôt et il espère que le Kelownien saura lui pardonner sa franchise.





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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyMer 27 Sep - 17:48

Le prix de la liberté est la solitudeOldarik continuait d’observer la toile face à lui, jusqu’à ce que les mots d’Atlas ne se grave dans son esprit. C’était pour lui. La peinture était faite pour lui. Surpris, il tourna la tête vers le jeune homme, les yeux grands ouverts, mais un sourire d’enfant sur les lèvres. Étant donné que l’Orketien était la première personne qu’il avait jamais rencontré qui s’intéressait à l’art et qui le pratiquait, un tel cadeau était d’une énorme valeur. Sans compter que jusque là, on ne lui avait jamais fait un cadeau, pas vraiment quelque chose qui se faisait dans sa famille de toute façon, c’était très inattendu. Et extrêmement généreux. Bien que l’utilisation du passé, quand il redescendit de son petit nuage en se rappelant les mots utilisés par le plus jeune, le fit tiquer. Qu’est-ce qui avait changé ? Maintenant qu’il l’avait vu, ça ne comptait plus ?

« Je serais heureux de le ramener chez moi. Si tu veux bien toujours me l’offrir, bien entendu. »

Le Kelownien posa son sac dans un coin de l’atelier, dans le but de s’asseoir et d’observer toutes les palettes de couleurs que le guérisseur avait quand ce dernier reprit la parole, au sujet de son invitation. Et il en était assez heureux qu’il en refasse mention, qu’il insiste. Il avait envie de l’avoir avec lui, et bien que cela sonne étrangement… agréable à ses oreilles, la suite de ses paroles, à la fois sur sa solitude, mais aussi sur ce que signifiait ces lits vides… Ses entrailles se contractèrent. L’arrêt des attaques de Kelowna sur Orketa était encore frais, c’était seulement depuis que Karrah avait prit la tête du clan. C’était pour cette raison qu’il dissimulait sa peau de loup, puisqu’il lui était hors de question de s’en séparer, qu’il ne disait pas de quel clan il était originaire, qu’il faisait son mieux pour se fondre la masse. Pour ne pas être assimiler à tout ça. Pour ne pas être accuser des crimes des autres. Des crimes qu’il ne concevait pas, des crimes qui ne le concernait pourtant pas et qui pourtant lui collait à la peau.

Se renfermant légèrement, Oldarik ne répondit pas, gardant son regard posé sur les couleurs au sol, s’étant lui-même assis par terre. Atlas n’avait sans doute pas voulu lui reprocher quoi que ce soit, malgré la mauvaise impression qu’il lui avait fait lors de leur première rencontre, il avait compris que le plus vieux n’était pas hostile, mais l’association était quand même là. S’il était venu d’un autre clan, l’Orketien n’aurait pas hésité à finir sa phrase. Ce dernier reprit d’ailleurs la parole pour lui poser une question tout à fait singulière, mais qui avait le mérite d’être intéressante et qui lui permettait de voir comment lui percevait ce monde dans lequel ils étaient. Cette fois-ci, il tourna la tête vers lui, malgré son sourire qu’il ne lui rendit pas. Ils entraient dans le domaine des questions qui le tourmentaient. Soupirant, le Kelownien croisa les bras pour les poser sur ses coudes, bien que ses yeux soient plongés dans ceux si bleus d’Atlas, sa vision était bien plus lointaine.

« Je ne pense pas que l’humain ait de toute façon sa place dans le monde dans lequel nous sommes. La Nature vit très bien sans nous, elle a su survivre après ce que nos ancêtres on fait, sans nous, même les animaux ont réussi à survivre sans nous. Nous, nous sommes dépendant du monde. S’il y a vraiment quelque chose d’absurde, c’est notre seule présence sur Terre. Les clans, c’est ce qui s’est crée au fil du temps, c’était un moyen pour nos ancêtres de survivre, vu la distance qui les séparait les uns des autres. C’est ancré en chacun de nous maintenant. Ça ne veut pas dire que nous sommes destinés à vivre dans un clan toutes notre vie. J’ai entendu dire que beaucoup de personne ont quitté, de gré ou par la force des choses, leur clan d’origine pour vivre dans un autre, et s’y sente aussi bien. Nous sommes tous des humains, la plupart ont besoin de se sentir… affilié à un clan, pour diverses raisons. Tout comme les autres n’ont pas ce désir et se sente bien et chez eux n’importe où. Pour cela, je les envie. »

Il touchait à présent à une corde particulièrement sensible. Ce sentiment d’appartenir à quelque chose. Il était justement de ceux qui l’avaient. Ceux qui avaient besoin de trouver leur place. Ceux qui avaient besoin d’avoir une place dans ce monde pour justifier leur existence. Ravalant l’amertume qui remontait dans sa gorge, Oldarik renifla en reposant son regard sur les couleurs, chassant ses pensées et ses propos d’un coup de main.

« Oui, nous sommes tous des humains. Mais chaque humain est différent. Et rien ne nous oblige à être de Kelowna, d’Orketa, de Pankara ou autre, à part nous. »
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptySam 30 Sep - 2:47

Le prix de la liberté
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An 150, milieu du troisième mois


A l’origine, le kelownien n’était pas censé voir cette peinture, alors dans son esprit, il n’avait carrément pas pensé au fait de lui donner un jour, celle-ci devenant alors comme toutes les autres : Une toile accroché parmi tant d’autres dans son atelier. Elle était pour lui mais pas de la manière dont le concevait le plus vieux. De plus, c’était la première fois qu’il offrirait un cadeau à une personne, Uruk ne comptait pas et soigner gratuitement certaines personnes du village par manque de monnaie d’échange non plus. Il savait quand même qu’Oldarik en prendrait soin, ou du moins il l’espérait, c’est pourquoi il ne voyait aucun problème à accepter sa demande, bien qu’il l’avait observé étonnement au premier abord. Le jeune homme ne s’attendait pas à ce qu’il aime son œuvre et à ce qu’il souhaite l’apporter chez lui, c’est le genre de propositions qui lui semblaient surréalistes, mais après tout pourquoi pas.

« Bien sûr, prends-le, il est à toi maintenant.»

Atlas se sentait réellement mal suite aux paroles qu’il avait prononcées après. Pourquoi avait-il dit ça ? Pourquoi était-il aussi stupide par moment ? Il essayait d’observer les réactions du nordique, mais cela n’envisageait clairement rien de bon, il semblait se renfermer au grand désarroi du guérisseur. Il n’avait vraiment pas voulu ça. Il se dit finalement qu’il aurait peut-être quand même dû mettre fin à l’échange, au moins il n’aurait pas été blessé par ses paroles. Il n’aurait pas à subir les erreurs du plus jeune, lui qui manque de sociabilité. Si les gens l’abandonnaient, c’était peut-être sa faute car il commettait des erreurs ? Il croisa les bras en signe de défense. Maintenant qu’il venait à peine d’autoriser Oldarik à entrer dans sa vie, est-ce qu’il allait l’abandonner aussi pour sa bêtise ? Comme ses parents ? Comme Rahjan ? Comme tous les autres ? Après tout, c’était clairement possible et il ne pourrait lui en vouloir. Peut-être même qu’il devait le faire lui-même, pour éviter de le faire souffrir encore dans l’avenir ? Il n’en avait pas envie mais c’était peut-être le mieux à faire ?

Le Kelownien commença un monologue, fixant Atlas dans les yeux, mais ce dernier ne pouvait pas, il ne pouvait plus. Il écoutait attentivement, tentant de se rappeler de chaque mot, mais son regard était fixé vers le sol, comme sa tête. Il ne pouvait avoir enregistré tous les points qu’oldarik avait cités, il ne pouvait qu’essayer de répondre à ceux qui avaient retenu son attention, bien qu’il soit dans son état d’inquiétude, d’anxiété.

« L’homme, bien que destructeur, possède sa place dans le monde. Le problème, c’est qu’il se croit supérieur à la Nature dont tu parles, mais tout est une question de synergie, d’équilibre »

Il reprenait son récit, les anciens l’ont toujours émerveillé, malgré leurs énormes fautes.

« Les hommes de l’ancien temps étaient incroyable, fascinant, mais ils ont effectivement commis la plus grosse erreur : l’oubli de la nature. Ils ont voulu jouer les dieux et ils se sont brulé les ailes. L’homme ne peut évoluer sans protéger ses racines, sans quoi il creuse sa propre tombe. Nous ne devrions pas être supérieurs aux animaux, tout comme nous ne devrions pas être inférieur. La balance ne devrait pas pencher en la faveur d'une espèce ou d'une autre au risque de déséquilibré le monde. Par contre, j’avoue ne pas comprendre ce besoin d’appartenir à un clan, peut-être parce que je n’ai jamais appartenu à quelque chose … ? »

Il ne s’était jamais senti Orketa, il ne s’était jamais sentis appartenir à une famille, à une société ou quoi que ce soit. Peut-être que se dire qu’il appartenait du coup à une espèce lui permettait de ne pas se poser cette question existentielle ? Pour qu’il comprenne, il devait lui expliquer son enfance, même si cela était difficile pour lui.

« Je... Voilà, si j’ai dit que je n’avais personne, c’est parce que je suis orphelin, mes parents m’ont abandonné à la naissance. Je n’ai jamais appartenu à quelqu’un ou à un lieu précis que l’on nomme maison ou encore ce clan qui n’est peut-être même pas mon clan de naissance, bien que j’ai toujours vécu là. La seule chose qui me rattache aux autres, c’est que j’appartiens à la même espèce que vous. Un jour, tu trouveras ce lieu, cette idée ou cette personne qui te procurera cette appartenance, ton chez-toi et tu n’auras plus rien à envier aux autres, j’en suis sûr. Nous sommes tous humains, nous sommes tous différents, pourtant nous souhaitons tous la même chose, le bonheur et la liberté, n’est-ce pas ? »

Il s’était toujours senti libre par sa solitude, mais cette solitude l’avait mené au malheur, un malheur qu’il contrôlait. Son propre monologue n’avait en rien arrangé la situation de son côté, la culpabilité planait toujours sur lui, ainsi que le doute. Il fixait la toile une nouvelle fois. Peut-être que sa place n’était d’appartenir à personne, à aucun lieu, seulement à la solitude ? Il ne voulait abimer le Kelownien encore une fois dans le futur, tout comme il ne voulait pas que cette relation le brise s’il venait à l’abandonner.





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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyLun 2 Oct - 23:02

Le prix de la liberté est la solitudeOldarik écoutait très attentivement ce que lui disait Atlas, ne s’attendant pas à un tel aveux et surtout à cette situation. Après, ils ne se connaissaient pas tant, ils avaient certes parler par lettres, mais ils n’avaient pas vraiment abordé des sujets aussi délicats. En partie aussi parce que le Nordique n’avait pas cette habitude de se confier comme ça, et encore moins d’aborder ce genre de sujet. Et puis, il voyait les choses telles que si lui-même ne parler pas de certaines choses, il ne pousserait pas les autres à le faire. Toujours assis par terre, il se sentit tellement mal pour le plus jeune. Il avait une furieuse envie de le prendre dans ses bras, de combler cette solitude qui semblait lui coller à la peau. Mais en vue de sa réaction quand il avait posé sa main sur son épaule, ce n’était pas forcément une bonne idée.

« Je suis désolé d’entendre ça, Atlas… Je… je croyais que… enfin, je ne savais pas que tu avais vécu ça… Je ne sais pas si ça peut te réconforter, je suis orphelin aussi, dans un sens. Ma famille ma renié parce que… je n’ai pas suivis la tradition comme il le fallait, je n’ai pas exécuté mon rite de passage comme il se devait. Ça plus tout le reste qui fait que je suis beaucoup trop différent des Kelowniens, c’était largement suffisant pour me mettre à la porte. Je sais que ce n’est rien de comparable à ce que tu as vécu, mais… l’abandon et la solitude, je sais ce que c’est. »

N’y tenant plus, le jeune homme se leva pour se rapprocher de lui, toujours autant tiraillé par cette envie de le serrer contre lui. Toujours malgré son affection relativement diminuée des contacts physiques. Il y avait vraiment chez l’Orketa quelque chose qui réveillait cette fibre chez lui, étrangement. Mais face au refus de ce dernier un peu plus tôt du contact, Oldarik se retint, se contentant d’un simple sourire qu’il voulait rassurant et chaleureux. Les choses devenaient de plus en plus… délicate. Il ne savait tout simplement comment les prendre, ni comment les changer. Même si en se triturant les méninges, il réussi à trouver une ouverture, et quelque chose qui permettrait d’alléger les choses.

« Mh… et bien… je vais accepter ton invitation alors. Mais… j’ai quand même une question. Tu dis que tu es sûr que je trouvais quelque chose ou quelqu’un à qui me rattacher. Et toi, alors ? Est-ce que tu ne souhaites pas, au moins, sortir de cette solitude ? Je peux comprendre que l’appartenance à un clan n’a pas d’importance pour toi, mais… être seul, est-ce vraiment ce à quoi tu aspires ? Je… je ne te juge pas, je me questionne simplement. »


Et il voulait comprendre. La solitude, bien qu’elle ne lui fasse pas particulièrement peur, mais il ressentait toujours à un moment donné le besoin d’être en compagnie des gens, quels qu’ils soient. Parce qu’Oldarik avait aussi soif de découverte du monde et de comprendre le monde, ce qui l’amenait forcément à se tourner vers les gens. Atlas n’était pas comme les autres, il le constatait bien, il l’avait bien supposé lors de leur première rencontre, mais ce n’était pas cette différence qui faisait que le Kelownien ait plus envie de se rapprocher de lui que des autres, c’était sa personne entière. C’était lui qui l’intéressait plus qu’un ou une autre Orketien(ne), un point c’est tout.
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyJeu 5 Oct - 3:28

Le prix de la liberté
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An 150, milieu du troisième mois


Atlas se sentait clairement mal, malgré les mots du plus vieux : ceux-ci n’arrivaient pas à l’apaiser. Dans un sens, le Kelownien connaissait ses origines, d’où il venait. Ses parents, sa famille, ses ancêtres. Il n’avait pas à se poser cette question qui sommeillait en Atlas depuis qu’il était petit. « Qui sont mes parents ? » « Pourquoi ai-je été abandonné ? » « «Ai-je le droit d’être heureux ? », il avait fini par conclure que non, ce droit lui avait été retiré. Une pensée stupide, incohérente mais profondément ancré en lui. Ce qu’il disait était contradictoire à ce qu’il avait dit auparavant, tout le monde souhaitait être heureux, effectivement, mais il s’en empêchait.

Il était également triste d’apprendre ces choses sur son « nouvel ami ». En ce moment même, il lui était impossible d’imaginer qu’on puisse renier quelqu’un pour quelque chose d’aussi bête, à son sens. Il lui était même inconcevable d'abandonner quelqu’un, alors que c’est ce que tout le monde fait. Il eut cependant une pensée égoïste à l’entente des derniers mots du garçon. Il s'était dit qu’Oldarik ne pouvait pas comprendre l'ampleur de cette solitude et de cette notion d'abandon qui a marqué le fil directeur de sa vie. Sur le moment, il en est même venu à penser que l'expérience du nordique ne pouvait être pire que la sienne, mais il chassa vite tout cela de son esprit, il n’aimait pas cogiter de cette façon, d’une façon égocentrique, d'autant plus que cela était faux et qu'il le savait : leurs expériences étaient simplement différentes. Dire qu'une est pire que l'autre n'est pas juste.

« Tu l’aurais de toute façon appris tôt ou tard, tout le monde le sait ici, et ce que tu racontes ne justifie en rien que l’on te renie. C’est cruel…»

Il ne s’écarta pas lorsqu’Oldarik commença à se lever et s’approcher de lui, la discussion commençait à prendre une tournure qu’il n’était actuellement pas prêt à entendre. Il était actuellement bien trop tourmenté pour comprendre ce qu’essayait de faire l’homme face à lui. Il ne voyait même pas son sourire. Son estomac se tordait, devenant douloureux pour le jeune homme. Oldarik avait bien cerné le problème, mais poser la question n’arrangeait en rien la situation, cela ne pouvait au contraire qu’empirer. Le grand et répété dilemme, son choix de vie. Face à ça, il ne pouvait répondre. Il se perdait dans les méandres de ses pensées, de ses souvenirs. Que pouvait-il dire de toute manière ? Il n’avait même pas la réponse à cette question. Il avait toujours souhaité que les gens l’aiment et il avait travaillé dur dans ce but-là, il aidait autant qu’il le pouvait, faire le bien autour de lui. Mais malgré cela, il continuait de porter ce fardeaux, car il était toujours seul dans le fond, c’est ce qui était pour le mieux.

« Je… je ne sais pas »

Il ne pourrait trouver quelqu’un sur qui se rattacher, lorsqu’il tente de faire un pas pour aller de l’avant, il finit par en reculer de trois. Sa peur de l’abandon sera toujours présente même en faisant entièrement confiance à une personne. « Memento Mori », l’unique souvenir de ses parents. L’Homme est mortel et cela est un abandon également, le pire de tous d’ailleurs. S’il parvenait à faire un jour confiance à cette homme et qu’il venait à mourir, ce serait une catastrophe et il ne pourrait surmonter cette épreuve. Il ne pouvait l’observer dans les yeux lorsqu’il exprima sa réponse, sans quoi il n’arriverait à la terminer. La raison devait parler et non son cœur, ce qu’il ne pourrait faire en plongeant son regard dans le sien.

« Je ne peux faire autrement. La solitude, c’est la prison qui m’est réservé. Une prison que j’ai forgé pour ne plus souffrir »

Il se sentait pathétique. Il rêvait de changer le monde, un monde meilleur alors qu’il n’arrivait même pas à se changer lui-même. Toutefois, cela libérait sa conscience d’en parler, il se sentait plus léger.






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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyJeu 5 Oct - 22:42

Le prix de la liberté est la solitudeIl aurait pût laisser la conversation là, mais Oldarik n’avait pût s’empêcher de ‘défendre’ les agissements de sa famille. Ce n’était même pas une réelle défense, c’était plus une explication en réalité. Mais il fallait qu’il l’explique à Atlas, qu’il lui montre que ce n’était pas tant une cruauté que ça. Du moins pas à son sens.

« Ce n’est pas cruel. C’est… comme ça à Kelowna. Il faut réussir son rite de passage pour devenir adulte, pour prouver que l’on peut se débrouiller sur les terres les plus froides et que l’on peut ainsi affronter n’importe quelle difficulté. Les choses ont toujours été comme ça, aussi loin que j’ai pût le remonter en tout cas. Peut-être que tout simplement, je n’étais pas né dans le bon clan, tout simplement. C’était… une réaction pour ainsi dire normale. J’aurais pût éviter tout ça, en mentant. Mais c’était au-dessus de mes forces. Et cette pauvre louve méritait que l’on honore sa mémoire, pas qu’on se serve de sa mort pour un rite barbare. »

Inconsciemment, le Kelownien passa une main dans son sac pour sentir la fourrure de la dite louve noire, serrant légèrement ses doigts sur le manteau. Sans compter que dire la vérité était à son sens bien plus important que le reste. Et puis, comme il l’avait dit à son père, et comme ce dernier l’avait affirmé aussi, ça ne faisait pas de lui un vrai Kelownien ayant affronter un terrible prédateur. Ce qui le blessait surtout profondément, c’était le tel écart de façon de penser, d’être qui le séparait des siens. Il était différent non pas parce qu’il l’avait voulu, il l’était tout simplement. Et pourtant, les Esprits savaient combien il avait essayé de se rapprocher de sa famille, sans pour autant nier ce qu’il était. Et malheureusement, les choses ne changeraient jamais. C’était même plutôt une chance qu’il soit encore en vie et que son père ne l’ait pas tué ou ne l’ait pas fait tué pour effacer à jamais cette tâche dans sa progéniture.

Encore une fois, Oldarik chassa ses pensées pour se reposer uniquement sur Atlas, fronçant les sourcils alors qu’il l’entendait parler de prison dans laquelle il s’était enfermé tout seul. N’y tenant plus, le plus âgé prit les mains du guérisseur entre les siennes, les serrant doucement, sans chercher à lui faire mal, mais voulant surtout qu’il ne fuit pas son regard, ni qu’il fuit tout court. Si cette prison qu’il s’était forgé pour se protéger était là, pourquoi le laissait-il entrer maintenant ? N’était-il pas en train de lui lancer un appel pour le sortir de là ?

« Cette prison comme tu dis, elle te fait souffrir. Si tu étais heureux à être seul, tu ne m’aurais tout simplement jamais adressé la parole. Tu m’aurais repousser, tu aurais pris Ulruk et tu serais parti sans te retourner. Tu n’aurais pas accepter mes lettres. Tu ne m’inviterais pas à être chez toi, simplement parce que tu en as envie. Et… je n’ai pas envie que tu souffres. Sache que de toute façon, tu n’es plus tout seul. Je suis là. Je t’apprécie beaucoup Atlas, et même si on ne se connaît pas beaucoup, c’est quand même pour toi que je suis venu ici. Pour te voir, pour passer du temps avec toi. Accepte moi dans ta prison. Ou laisse moi te sortir de là. Tu ne mérites pas de rester en prison. »

Lui vint alors comme argument, quelque chose qu’il ne devrait pas lui montrer et qui risquerait de lui donner une raison de le repousser à tout jamais, mais… mentir n’était pas son point fort. Se pinçant les lèvres et lâchant les mains d’Atlas, Oldarik ouvrit son sac pour en sortir la lettre chiffonnée qu’il avait prise un peu plus tôt par terre. Honteux, il préféra regarder le sol plutôt que croiser son regard, mais il reprit quand même la parole.

« Tu dis dans ta lettre que cela te ferait plaisir de me voir… Je suis désolé, je n’aurais pas dû la lire, et encore moins la prendre… comme tu l’avais jeté… Je te demande pardon… J’agis de façon assez stupide, mais ça n’est pas pour te nuire, je te promets. Au contraire. J’essaye vraiment de… de devenir ton ami... »

C’était probablement la pire façon de se faire des amis. Ceci dit, c’était plus que vrai : il ne réfléchissait plus correctement quand il s’agissait de l’Orketien. Son cerveau partait dans tous les sens, les choses les plus absurdes lui paraissaient être les meilleures et la raison n’avait plus vraiment voix au chapitre. Il lui tendit la lettre et osa lever les yeux vers lui, s’attendant à recevoir réellement ses foudres cette fois-ci.
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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyDim 8 Oct - 3:58

Le prix de la liberté
Atlas & Oldarik
My life is just one constant battle between wanting to be alone, but not wanting to be lonely




An 150, milieu du troisième mois


Définitivement, il ne comprenait pas les coutumes nordiques.  Pour lui, la famille rimait avec amour, soutiens, protection, qu’elle serait toujours là : tout ce dont il avait toujours rêvé et qu’il n’avait pas eu. Qu’importe les explications, cela restait définitivement cruel. Il appréciait son honnêteté, mais il n’était absolument pas convaincu. Il y a un moment ou les traditions et la question de l’honneur est à remettre en cause, où il est nécessaire de réfléchir par soi-même. Surtout dans le cas présent ! Si par un miracle Atlas venait un jour à fonder une famille, elle serait basée sur l’amour et il ne pourrait abandonner ou chasser un membre de celle-ci, qu’importent les traditions.  Il se fichait de ce que l’on puisse penser de lui, ils pourraient l’insulter, le critiquer, l’humilier cela ne changerait en rien son opinion, et cela brisait Atlas de savoir qu’Oldarik pense qu’il s’agisse d’une réaction normal, car cela ne l’était pas.

« L’amour devrait être essentiel dans une famille, aucune tradition ne devrait interférer et détruire cela… Je ne peux pas partager ton point de vue. »

A la suite de ses dernières paroles, Oldarik s’était encore rapprocher de lui, prenant ses mains doucement. Il eut à nouveau un mouvement de recul, retirant ses mains pour les ramener sur son torse. Il avait eu cette étrange sensation, une chaleur qu’il ne connaissait pas. Une chaleur qu’il ne ressentait pas avec ses patients. Lorsque le kelownien commença à s’exprimer, il osa plonger son regard à nouveau. Puis il décida de reprendre ses mains, se laissant faire, un moyen pour dire qu’il s’ouvrait à lui. Il ne pouvait nier qu’il y avait du vrai, beaucoup de vrai dans ce qu’il disait. Et tout cela le touchait profondément. L’entente de ces mots par un solitaire comme lui, une personne ayant passé sa vie à éviter de s’attacher, cela ne pouvait que l’émouvoir.

Un moment, il lâcha ses mains, le plus vieux cherchant dans son sac quelque chose, attisant la curiosité du jeune. Puis il sorti la lettre, la lettre qui lui était destiné et dont il avait oublié l’existence depuis qu’il l’avait jeté. Ce qu’il avait retenu plus tard, ce n’était pas qu’il ait lu la lettre  à son insu, ce fut ses derniers mots « devenir ton ami ». Tout cela avait contribué à ce geste inattendu mais naturel. Il se jeta dans ses bras, un câlin chaste et pudique. C’était la première fois, qu’il effectuait ce geste de sa vie, mais ça Oldarik ne pouvait pas le savoir, cependant  il savait probablement ce qu’il signifiait : il signifiait qu’Atlas l’acceptait dans sa prison. Lui, et uniquement lui.  C’est ce qu’Atlas avait de plus précieux à offrir.

« Merci…merci infiniment, pour tout… »

Il lui chuchota ces mots. Son ami avait dit ce qu’il fallait, il n’y avait rien d’autre à redire. Ce mouvement exprimait bien plus ce qu’il avait en tête que n’importe quel mot. Depuis longtemps, c’est la première fois qu’il se senti bien à nouveau, bien que son mal de ventre résidait toujours : il provenait d’une raison totalement différente, il naissait de l’émotion intense qu’il ressentait.

« ...Je t’accepte… »

Il souriait à nouveau, profitant de l’instant présent, de ce geste nouveau qui l’apaisait. Il pénétrait dans un monde inconnu, mais il ne traverserait pas cette épreuve en solitaire. Il pouvait compter sur lui, du moins il l’espérait et voulait y croire. Les cartes n'étaient plus dans son camps, mais dans celles d'Oldarik. C'était à lui de prouver ce qu'il avançait maintenant.

« ... Alors ne m’abandonne pas, pas comme tous les autres »

Conclu-t-il simplement, comme pour se dire qu’il ne rêvait pas, qu’il s’agissait de la réalité. Il ne serait peut-être plus jamais seul, finalement. C’est sur cette pensée idyllique qu’il lâcha finalement son emprise sur Oldarik, lui dévoilant un visage souriant et radieux. Il était véritablement heureux. La confiance n’était pas là, mais il l’acceptait, et peut-être qu’un jour il pourrait lui offrir la sienne. Il ne changerait plus d’avis maintenant. Ce sera un travail long et fastidieux, mais il était prêt. Prêt à courir le risque. Au final, peut-être qu’il s’agit de ce dont Atlas avait besoin, de l’avoir dans sa vie.







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(#) Re: [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude  [Atlas - Oldarik] Le prix de la liberté est la solitude EmptyMar 10 Oct - 14:24

Le prix de la liberté est la solitudeOldarik s’attendait vraiment à tout. Absolument tout. Sauf à ça. Des cris. Des coups. Mais vraiment pas à un câlin. Un câlin. De la part d’Atlas qui n’avait pas l’air d’apprécier plus que lui les contacts physiques. C’était une sacré surprise. Surtout après avoir avoué qu’il avait en quelque sorte voler une lettre, qui lui était certes adressée, mais qui n’était apparemment pas destinée à la lecture. Entre l’intrusion chez lui et ça, il aurait pût comprendre la colère du plus jeune. Au lieu de ça, il reçu… tout simplement une récompense, c’était comme ça qu’il le voyait en tout cas. Aussi, quand les bras du jeune homme s’enroulèrent autour de lui et qui le serrèrent contre lui, pendant quelques secondes, le Nordique ne sut quoi faire. Ce moment de flottement ne dura pas réellement, puisque ses bras se refermèrent doucement sur le corps de l’orketa. La surprise laissa la place à un sentiment bien particulier, un sentiment qu’il ne parvenait pas vraiment à décrire. Mais qui se résumait surtout au fait que son malaise d’être aussi proche d’un être humain fut complètement absent. Cette simple constatation le fit sourire, bien avant de comprendre ce que cela signifiait, bien avant qu’il ne prenne conscience de ce qu’Atlas venait de faire. La porte de la prison venait de s’ouvrir. La question n’était plus tellement de savoir si c’était lui qui allait venir s’enfermer avec lui où si le plus jeune allait en sortir. La prison n’était plus un obstacle à présent. Le plus important maintenant était que la porte ne se referme pas en y en laissant de nouveau un seul dedans.

Les mots que le guérisseur fini alors par lui dire ne firent qu’agrandir son sourire. Malgré toutes ses maladresses, malgré ses intrusions et les quelques différences dans les points de vue, de culture, il l’acceptait. Il l’accueillait pour ainsi dire à bras ouvert dans son monde. Il lui permettait ce que visiblement il n’avait permis à personne d’autre. En ce sens, Oldarik se sentait spécial. Pour la première fois de sa vie, dans le bon sens du terme. Est-ce que c’était sa différence qui lui donnait cette chance, pas sûr, mais le fait était là. On lui permettait d’être une bonne exception. Et plus il le réalisait, plus il se rapprochait d’Atlas avec ce premier câlin qu’il donnait réellement depuis qu’il n’était plus enfant. Si bien qu’il fut presque déçu que ce dernier ne finisse par s’écarter de lui, mais en croisant son regard, on constatant ce visage radieux qu’il avait, et toujours avec ces yeux aussi magnifiques, le Kelownien chassa cette déception.

« Je te promets que je ne t’abandonnerai pas. Même si des kilomètres nous séparent pendant quelques temps, je serais toujours là. Je te le promets. Et je n’ai qu’une parole. »


Les choses risquaient d’être un peu plus compliqué une fois qu’il retrouverait Muire, il ne savait pas s’il pourrait venir voir l’orketa comme il le voudrait, ni même si la Shaman le lui permettrait, mais il avait promis, et il tiendrait sa promesse. Son projet et Atlas n’étaient pas incompatibles. Doucement, puisque le jeune avait accepté qu’ils se touchent, mais craignant quand même que ce soit un problème, il prit son visage entre ses mains pour caresser ses joues. Un geste tendre qu’il voulait rassurant et comme une prolongation de sa promesse, comme pour sceller cette promesse. Ils n’étaient plus tout seuls, ils étaient ensemble dans ce monde qui pour lui n’avait pourtant pas de sens. Le guérisseur lui permettait de se lier au monde, de se donner un point concret. Et si jamais les Esprits ne pouvaient pas l’aider, si ce n’était pas la réponse qu’il cherchait, alors peut-être qu’elle serait à Orketa, dans ce cabinet médical. Relâchant son visage, perturbé par une envie aussi fulgurante que très déplacé de cette proximité et de ce toucher, Oldarik se racla légèrement la gorge en rompant finalement le contact visuel qu’ils avaient jusque là et posa son regard quelque part sur un mur.

« Alors… est-ce que tu me fais visiter ? »
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