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 [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas

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(#) [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas  [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas EmptyLun 1 Mai - 20:28


5ème mois

Cillia ne sait pas exactement comment elle est arrivée là. Elle rentrait d’une mission dans un village voisin et se dirigeait vers l’auberge dans laquelle elle a ses petites habitudes quand elle a débouché sur la petite place. Celle-ci est toujours animée mais ce soir, il y a beaucoup plus de monde que d’ordinaire. Les gens semblent célébrer quelque chose mais Cillia n’a pas la moindre idée de ce dont il s’agit et elle ne comptait pas s’arrêter pour le demander. Elle a essayé de traverser la place rapidement mais avant qu’elle ne puisse se dégager de la foule, on lui a fourré une chope dans les mains et elle s’est retrouvée entraînée. A force de jouer des coudes, elle a réussi à sortir de la mêlée et se retrouve maintenant légèrement à l’écart de la fête.

Elle observe avec curiosité tous ces gens qui s’amusent devant elle. Certains dansent, d’autres ont des conversations animées qu’ils ponctuent de grands éclats de rire, et beaucoup boivent. Cillia baisse les yeux sur le récipient qu’elle tient toujours puis le porte à hauteur de son menton pour sentir le liquide qu’il contient. De l’alcool, évidemment. Elle trempe à peine les lèvres dedans et cela lui arrache une grimace. Cillia pense à quitter cet endroit pour retrouver le calme de sa chambre mais elle n’a pas vraiment le courage de braver à nouveau la foule. Les gens finiront bien par rentrer chez eux et à ce moment-là, elle pourra traverser la place sans risquer d’être piétinée. Elle repère un banc, déjà occupé par une jeune femme blonde, et s’installe à l’autre extrémité. Cillia lui adresse un petit sourire timide puis reporte son attention sur la petite fête qui bat son plein.

Un homme fend bientôt la foule et vient s’assoir entre les deux femmes. La messagère fronce le nez, il empeste l’alcool, et elle ne peut pas s’empêcher de se décaler pour se retrouver le plus loin possible de lui, quitte à se tenir en équilibre sur la moitié d’une fesse. Il n’a pas l’air dangereux mais il est visiblement très éméché et il la met mal à l’aise. « Tu t’amuses bien ? » Elle lui jette un coup d’œil pour s’assurer que c’est bien à elle qu’il s’adresse. Elle hoche doucement la tête et détourne immédiatement le regard, elle n’a aucune envie d’avoir une conversation avec cet homme. Mais celui-ci ne semble pas le comprendre puisqu’il lui demande : « C’est quoi ton nom ? ». Elle réprime un soupir et un froncement de sourcils et feint de ne pas avoir entendu sa question. A son grand soulagement, il n’insiste pas mais se rapproche de l’autre jeune femme sur le banc. Après quelques secondes de silence, il lui marmonne quelque chose mais Cillia ne distingue pas ses paroles dans le brouhaha de la fête. Elle coule un regard compatissant vers la jeune femme, qui n’a pas l’air de vouloir discuter elle non plus, espérant que celle-ci n’aura pas trop de mal à se débarrasser de l’individu.


Dernière édition par Cillia le Jeu 4 Mai - 19:40, édité 1 fois
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(#) Re: [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas  [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas EmptyMar 2 Mai - 13:39

Cillia
&
Nah'l


Ne me parle surtout pas
Ce jour festif était prévu depuis plusieurs semaines. Tout le quartier était en liesse depuis l'annonce de ce mariage. Depuis l'arrivée de Skylar à la tête du clan, les gens paraissaient plus enclin à s'adonner aux faiblesses sentimentales et à s'attendrir de ces couples qui décidaient de graver leur union dans le temps. Je n'ai jamais été une grande sentimentale de ce côté là. La romance ne m'intéressait guère, tout ce qui m'avait et m'intéresse, c'est l'amour des liens du sang. Quand bien même je considérais la communauté à Shisayo qui m'a vu grandir comme ma famille, il m'importait de me raccrocher à des personnes de mon sang. Un lien qui, malgré le temps, malgré les maux, ne pourrait jamais se défaire. C'est envers eux que je vouais mon amour. Ne cherchant pas à me donner à un homme ou à une femme. Le sort avait beau m'avoir mariée à Ahrken, c'est avant tout pour l'enfant que je portais, Emad, que j'avais accepté ce contrat. Voilà ce qu'était le mariage pour moi : un contrat. Peut-être que dans des temps anciens cela n'était que l'aboutissement de l'amour que se portaient deux êtres. Mais aujourd'hui, plus que jamais, on devait se lier aux autres pour survivre. Les clans nous protégeaient, palliaient à nos besoins, mais pour créer sa place, il fallait se créé un cocon qui, indépendamment de notre clan, nous protégerait, veillerait sur nous. Je veillais sur Ahrken non pas par amour, mais avant tout parce qu'il était le père de nos enfants. Peut-être que c'est la recette de la réussite de notre union : faire passer notre besoin de survie avant nos sentiments.

Assise au bout de ce banc avec une chope faite de bois dont on voyait bientôt le fond, je contemplais à distance la foule qui chantait, dansait, s’esclaffer. Un air placide sur le visage, on devinait sans mal que ce genre de fêtes n'était pas ma tasse de thé... Une femme, visiblement un peu déroutée par la présence de ces festivités, vint s'asseoir à l'autre bout du banc. Me gardant de la dévisager, un simple coup d'œil me suffit à comprendre qu'elle ne participait pas à ces ébats. Elle devait avoir hâte que cela se termine... Tout comme moi. Ma présence passait inaperçue, mais Ahrken, ne pouvant être là, tenait à ce que notre famille soit représentait. Il s'agissait du mariage d'un des hommes dont il avait été le chef d'escouade. Cela ne me réjouissait pas le moins du monde. Comme bien d'autre ici, cet homme avait tué des Shisayo, des personnes que je connaissaient, à qui je tenais... C'était difficile de prendre sur moi. Mais avec toutes ces années, j'avais fini par trouver un moyen de garder cela dans une colère silencieuse. Bien plus profonde qu'une simple rage, plus persistante, mais plus politiquement correcte. Si je venais à faire une esclandre, ils auraient vite fait de me réprimander... Et de s'en prendre à mes enfants... Emad avait beau être à l'abri de cela - et encore - Drem était toujours à Moroni. La popularité d'Ahrken et les curiosités que je soulevais de par mes racines avait vite fait de nous faire remarquer même si on ne bougeait pas le petit doigt. Cette pression sociale, je ne la soupçonnais pas avant de rejoindre Sengoli. Comme si les histoires des uns et des autres étaient plus importantes que la menace de l'Est inconnu, des tensions entre les différents clans malgré cette alliance. Cela me dépassait...

Un homme vint rejoindre notre banc. Il était totalement ivre et empestait l'alcool... Je soupirai lorsqu'il s'assit mais par chance, ce n'est pas moi qu'il venait voir. « Tu t’amuses bien ? » Dit-il à la jeune femme aux cheveux flamboyants. « C’est quoi ton nom ? » Difficile de ne pas faire attention à cet homme dont la voix paraissait amplifiée par les grammes d'alcool qui coulaient dans ses veines... Au vu du manque de réponse de l'inconnue, il vint se coller à moi. Je lui adressai un regard froid et méfiant. Le jaugeant de haut en basa, il dut, malgré l'ébriété évidente qui l'étreignait, comprendre le dédain dans mes yeux. Il m'observe et sourit avec malice avant de rapprocher son visage de moi. Un geste de recul, prête à le repousser si besoin est. « La beauté frigide de Shisayo », Il esquissa un rire étouffé. « Besoin de compagnie ce soir ? Ahrken n'a pas l'air très doué pour te dé... » Un éclair de colère me traverse le regard. Plantant mes yeux dans le sien, je l'interromps d'une voix aussi basse que la sienne pour éviter d'attirer l'attention sur nous : « Finis cette phrase et je m'assure qu'à son retour, Ahrken te coupe ta langue. » Un ton très sec et menaçant qui eut don de le faire se reculer en levant les mains comme s'il se rendait. Tout sourire, il se leva du banc et nous regarda l'une après l'autre. « Miss muette et miss glaçon, continuez de profiter de cette soirée entre asociales, ça égaye votre teint ! » Sa remarque me fait soupirer et secouer la tête de gauche à droite. « Débile ! » Ne parvins-je à me retenir de dire d'une voix silencieuse mais ferme. « Ne fais pas attention à cet idiot, la plupart des hommes de ce quartier sont abrutis par l'alcool. À croire que les radiations ont entamé leur sens moral... » Expliquai-je à l'inconnue qui semblait ne pas venir d'ici. Son visage était doux. Je décelais la couleur de ses yeux clairs malgré l'obscurité. Elle ne me disait rien... Mais ce n'est pas comme si je passais ma vie à m'occuper de toutes les personnes de Moroni... J'avais bien assez à faire pour ne pas me mêler des affaires de chacun.

#Sanie #Vanka
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(#) Re: [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas  [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas EmptySam 6 Mai - 12:31


Elle garde les yeux fixés droit devant elle mais, curieuse, tend l’oreille pour surprendre la réponse de la jeune femme blonde. Celle-ci parle à voix basse, Cillia saisit quelques mots sans pour autant comprendre toute la phrase. Mais à en juger par la réaction de l’homme, ils n’ont assurément pas échangé d’aimables paroles… Il se relève du banc et fait remarquer aux deux femmes que cette soirée entre asociales égaye leur teint, remarque que la messagère a du mal à interpréter. Elle n’apprécie pas vraiment qu’on la dise asociale – même si elle sait l’accusation fondée, cela lui rappelle qu’elle est trop différente des autres – mais un « teint égayé » n’a rien d’offensant à ses yeux. Après un petit instant d’indécision quant à l’attitude à adopter, Cillia choisit d’accueillir la remarque comme étant amicale et dénuée de mauvaises intentions. Alors elle adresse un vague sourire à l’homme et hoche doucement la tête, puis murmure un discret « merci » à son attention.

Mais la jeune femme à côté d’elle préfère l’insulter, ce qui laisse Cillia penser que sa réaction n’était peut-être pas la bonne en fin de compte. Elle n’a pas l’habitude des moqueries et l’ironie lui est totalement inconnue, elle a encore beaucoup à apprendre avant d’être parfaitement à l’aise avec les autres. Malgré tous ses efforts pour déchiffrer les expressions des gens, elle n’arrive jamais vraiment à les comprendre et soutenir une simple conversation lui est particulièrement difficile. Elle acquiesce de la tête lorsque l’autre femme lui explique que la plupart des hommes de ce quartier sont abrutis par l’alcool mais fronce les sourcils à l’évocation des radiations. « Les radiations ? Qu’est-ce que c’est ? » Elle imagine que ce doit être une sorte de boisson, ou quelque chose que les hommes prennent pour avoir davantage le cœur à la fête. Son oncle l’a éduquée du mieux qu’il le pouvait, il lui a appris à lire et à écrire, à faire des calculs simples, à reconnaître certaines plantes qui peuvent soigner, à différencier les baies comestibles de celles qui sont toxiques … mais lui-même n’était pas très instruit, aussi Cillia a-t-elle de nombreuses lacunes. Elle est parfaitement consciente de son ignorance, elle en a un peu honte et gigote nerveusement sur le banc avant d’ajouter pour se justifier : « C’est la première fois que j’assiste à une fête. » comme si cela expliquait tout.

Elle plonge son regard au fond de sa chope, et en boit une petite gorgée en espérant y puiser un peu de réconfort, en vain. L’agitation tout autour d’elle la met soudainement mal à l’aise, elle a l’impression que peu importe tous les efforts qu’elle fournirait et les années qu’elle passerait ici, elle ne trouverait jamais vraiment sa place parmi les membres de son clan. C’est étrange, c’est la première fois qu’elle se retrouve entourée d’autant de personnes et pourtant, Cillia se sent plus seule que jamais. Elle aimerait tellement pouvoir retourner à son existence tranquille dans les montagnes, mais elle sait que c’est impossible. Sa vie est ici maintenant et elle doit s’adapter, même si ça lui est difficile. Elle se tourne vers la jeune femme à côté d’elle et lui adresse un sourire timide. « Je ne suis pas à Moroni depuis très longtemps, la vie y est différente de ce que j'ai connu. Ça arrive souvent ? » Tout en posant la question, elle désigne d’un geste la fête devant elles.
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(#) Re: [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas  [Cillia - Nah'l] Ne me parle surtout pas EmptyLun 8 Mai - 19:59

Cillia
&
Nah'l


Ne me parle surtout pas
Créer des histoires à ces festivités n'était pas dans mon intérêt. À vrai dire, ça ne l'était jamais. Même si certains trouvaient en cela un moyen efficace d'extérioriser les tensions, décharger la frustration, je ne voyais en ces embrouilles que l'idée de s'afficher et de montrer à quel point nous sommes incapables de nous comporter en toute civilité et de faire preuve d'intelligence. C'était là une image que je voulais épargner à Ahrken et à ma famille. Tentant d'évincer cet importun le plus calmement possible, je restai silencieuse à sa remarque, quand bien même fut elle déplaisante. « Merci », entendis-je cependant d'une voix douce et souriante à ma gauche. La jeune femme lui retournait-elle son ironie ? Sourcils froncés, l'air suspicieux, je me demandais surtout si elle avait compris la remarque de l'inconnu. Ma déclaration sembla signifier à cette personne que l'intervention de l'homme à notre égard était plus que négative. « Les radiations ? Qu’est-ce que c’est ? » Ma bouche resta ouverte un instant et se mua doucement en un sourire avant de se refermer. Mon regard attendrit laissait comprendre que j'avais constaté son ignorance. Comment était-ce possible de ne pas avoir entendu parler des radiations ? Peut-être n'avait-elle pas eut la chance de grandir dans une communauté instruite, ou même d'avoir eu une famille pour lui apprendre l'histoire, les rapports humains, la vie.

Cette ignorance flagrante dont elle faisait preuve la rendait très intrigante. Un léger silence s'était installé. Ne souhaitant pas faire toute une leçon sur ce qu'étaient les radiation, je lui répondis assez simplement. « Ce qui altère l'apparence des êtres vivants, quelque chose qui nous tue. Un ennemi invisible laissé par nos ancêtres. Joyeux cadeau qui rend chacun de nos déplacements plus risqué que le précédent. » Notre technologie était très limitée. Je ne connaissais personne capable de détecter les radiations, de les prévenir. C'était une menace à laquelle nous survivions sans vraiment savoir comment. Sans que nous n'ayons la moindre arme contre elle. Les survivants, nous nous étions renforcés, nous y survivions. Mais tous n'avaient pas eu cette chance. Et alors que l'Évolution nous permet de survivre, il reste des endroits encore trop radioactifs pour nous permettre d'en réchapper. Mais des histoires que j'ai entendu, au moment où l'on s'en rend compte, il est déjà trop tard... « C’est la première fois que j’assiste à une fête. » Avoue-t-elle, nerveuse, regardant sa chope comme si elle pouvait y trouver un soutien. Je me rapproche légèrement d'elle et pose mes mains sur les bords du banc de part et d'autre de mes jambes. Mes yeux observent la fête. Mes lèvres se contentent d'afficher un sourire cordial. « Je ne suis pas à Moroni depuis très longtemps, la vie y est différente de ce que j'ai connu. Ça arrive souvent ? » Dit-elle, essayant de sourire, en désignant l'attroupement de joyeux gué-lurons qui se donnaient en spectacle. « Pas souvent non », dis-je simplement, un brin attristée.

Les événements joyeux s'étaient faits rares. Les choses changeraient sûrement avec l'alliance. « Les hommes se réunissent souvent pour boire, faire la fête, oublier les tracas de leur quotidien. Mais cela prend rarement ces proportions. Ce soir c'est spécial : nous fêtons l'union de deux personnes qui... s'aiment. » Alors que je regarde encore la foule, je perds mon sourire, pensive. Une étincelle luisante atteste d'une humidité qui vient s'installer dans mes prunelles. Sans être au point de pleurer, cela me rendait mélancolique. Triste. Un mariage d'amour... Je n'étais pas sûre qu'ils s'aimaient. Ou plutôt, je voulais m'en persuader. Me dire que les gens s'unissaient par intérêt plus que par sentiments me permettait de ne pas me sentir aussi différente que je l'étais. À mon mariage, je n'avais pas ce sourire. Pas cette envie de danser ni de chanter. C'était un mariage pour ma survie. Celle de mon fils. Celle de ma sœur. Aucunement par amour. Est-ce qu'au moins cela existait vraiment ? N'était-ce pas une légende que racontaient les adultes pour nous donner de l'espoir lorsque nous étions enfants ? « Quelle vie as-tu connu avant Moroni ? » Lui demandai-je en reportant mon attention sur elle. Mon regard n'était pas insistant, au contraire. Aisément distrait par les mouvements qui nous entouraient. Loin d'être perçant et gênant. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'évoque une épopée. Ni quelque chose d'exotique. Mais connaissant mon histoire, je ne pouvais qu'être curieuse de connaître la sienne ; si elle n'était pas de Moroni, peut-être avait-elle une histoire intéressante et originale à conter.

#Sanie #Vanka
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